Que dit vraiment le Coran : Dieu défend les croyants (2/4)

Nous avions lors du premier volet présenté un paragraphe coranique couvrant des versets 38 à 54 et en avions donné un résumé exégétique des versets 38 à 40. En ce deuxième volet nous proposons au lecteur une autre approche exégétique de ce même extrait coranique. A cette fin nous emploierons une analyse structurelle novatrice, mettant en valeur l’unité de composition du texte en fonction des règles de composition coranique qui, pour être parfaitement régulières et étonnamment fixes, n’en sont pas moins totalement délaissées par l’exégèse classique.

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Jeudi 9 Septembre 2010
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Que dit vraiment le Coran : Dieu défend les croyants (2/4)
par Dr Al ’Ajamî - le dimanche 29 mars 2009


"Ne méditent-ils pas le Coran ! Ont-ils le cœur verrouillé !" S47.V24.

Nous avions lors du premier volet présenté un paragraphe coranique couvrant des versets 38 à 54 et en avions donné un résumé exégétique des versets 38 à 40. En ce deuxième volet nous proposons au lecteur une autre approche exégétique de ce même extrait coranique. A cette fin nous emploierons une analyse structurelle novatrice, mettant en valeur l’unité de composition du texte en fonction des règles de composition coranique qui, pour être parfaitement régulières et étonnamment fixes, n’en sont pas moins totalement délaissées par l’exégèse classique. 

Nous ne rappelons à présent que le passage concerné :

"Dieu, certes, défendra les croyants.
Dieu, certes, n’aime pas le traître plein d’ingratitude.v38

Autorisation est donnée à ceux qui combattent pour avoir été opprimés.
Dieu, certes, est à même de les rendre victorieux.v39
Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures en dehors de tout droit
pour avoir seulement proclamé : "Dieu est notre Seigneur."

N’eut été le fait que Dieu repousse les hommes les uns par les autres,
que d’ermitages auraient été détruits, de synagogues, d’oratoires et de mosquées,
tant de lieu où l’on célèbre le Nom de Dieu abondamment.
Dieu, certes, donnera la victoire à ceux qui le soutiennent.
Car Dieu, certes, détient Force et Puissance.v40

Ceux qui, si Nous leurs donnions le pouvoir terrestre, prieraient et verseraient l’aumône, ordonneraient le bien et interdiraient le mal.
Toute finalité est à Dieu.v41

Sourate "Le Pèlerinage" versets 38 à 41.

Relisons tout d’abord la conclusion de la première partie, notamment le sens réel de la première partie du verset 40. Nous avions dit :

" Il est donc clair à présent que les mots "N’eut été le fait que Dieu repousse les hommes par les hommes " ne sont absolument pas une justification de la guerre, fut-elle, horrible oxymore, guerre sainte. Nous avons montré que l’expression coranique exacte signifie en réalité : "Et n’eut été le repoussoir de Dieu des hommes les uns par les autres…".

 Elle indique que les hommes de foi sont le contrepoids des hommes d’impiété, réalité articulée sur le pouvoir discriminant de l’unicité de Dieu, lequel maintient un équilibre relatif en ce bas monde. Nous avons montré que ce "repoussoir de Dieu" n’est autre que " l’unicité de Dieu" le tawhîd,   Il s’agit en fait d’une lecture à un niveau supérieur de la lutte du bien contre le mal.

 L’enchaînement logique du sens des propositions des versets 38 à 40 est donc le suivant : "Dieu prendra toujours la défense des croyants unitaires du fait que ces derniers subiront l’oppression de ceux qui refuseront de céder de leur pouvoir au profit de l’unicité divine. Le tawhîd agit comme une force de répulsion entre les différentes dispositions de l’âme humaine. Il leur est donné autorisation de se défendre non pas pour propager par la force le tawhîd mais uniquement en réparation des préjudices qu’ils subissent.

DEUXIEME PARTIE :

Reprenons afin de la compléter l’exégèse de la suite du verset 40 :

"..que d’ermitages auraient été détruits, de synagogues, d’oratoires et de mosquées, tant de lieu où l’on célèbre le Nom de Dieu abondamment..."

Les données précédentes sont confirmées, il ne s’agit pas d’opposer des religions les unes aux autres. Il n’y a là aucune indication, aucune justification, d’un quelconque jihâd des musulmans contre les juifs les chrétiens ou autres religions. Au contraire ces croyants sont tous réunis sous la même bannière, ils subissent tous la même injustice, ce qui les rends de principe solidaires.

On note bien qu’il s’agit d’une pluralité de lieux de culte, sont concernés au même titre diverses religions unitaires. Dieu défend au nom d’un unique principe les croyants de toutes obédiences ici symbolisés par la diversité des "maisons de Dieu". Le nom de Dieu, son unicité transcendante donc, est proclamé par les croyants en des lieux qui auraient disparu si le "repoussoir de Dieu", le tawhîd, n’avait pas repoussé l’incroyance.

A l’inverse, on comprend que le tawhîd est un centre d’unité, le point et le pont commun des croyants comme il est clairement indiqué en ce verset essentiel : " …A chacun, Nous avons assigné une voie générale et un chemin spécifique. Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait des hommes une seule communauté religieuse. Mais il en est ainsi afin de vous éprouver par ce qu’Il vous a attribué. Rivalisez donc en bonnes œuvres, car c’est à Dieu que vous ferez retour. Il vous informera alors de vos divergences."S5.V48.

Il n’y a pas de compréhension ni de vécu véridique et juste du tawhîd sans l’intégration de ce principe essentiel par ailleurs réaffirmé en son aspect fondamental : "Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les hommes auraient été croyants. Contraindrais-tu les gens à croire !" S10.V99.

"..Dieu, certes, donnera la victoire à ceux qui le soutiennent. Car Dieu, certes, détient Force et Puissance."

Il n’y a donc pas de guerre religieuse ni de guerre justifiée au nom de Dieu. Ceux qui soutiendront l’unicité de Dieu, les croyants unitaires, sont assurés de la victoire de Dieu. Cette victoire est conditionnée "la victoire à ceux qui le soutiennent" et il apparaît clairement que ce soutient est l’adhésion pleine et sincère au tawhîd, l’engagement des véritables croyants à proclamer et vivre l’unicité de Dieu : pour avoir seulement proclamé : "Dieu est notre Seigneur."

Il ne s’agit donc pas fondamentalement ni nécessairement d’une victoire militaire. Dieu n’a pas pris à sa solde des armées d’hommes, pas plus qu’Il ne serait à la solde des musulmans ! Il détient la Force et la Puissance qui font de Lui l’unique triomphateur au-delà des vicissitudes et des contingences humaines.

Fin du verset 40

Nous avions "exégétiquement" attiré l’attention quant à la singularité de l’expression "le repoussoir de Dieu". Nous avons montré qu’elle a fonction de clef de lecture permettant l’accès au sens réel de ce passage coranique. Notons que la réponse fournie reste cohérente avec le sens général du message coranique.[1]

Nous aurons constaté que les résultats de notre analyse diffèrent d’avec ceux classiquement affirmés, tout au service d’une apologétique conquérante, si l’on peut dire. L’occasion est ici offerte de rappeler brièvement un point essentiel de la réflexion exégétique : L’exégète pour obtenir cet autre sens, tout comme le lecteur pour le valider, a du recourir au principe de l’analyse atomisée du Coran ; méthodologie consistant principalement à réduire le texte à l’unité-verset.

 Un corps de phrase totalement isolé de son contexte et ainsi soumis aux aléas et arbitraires. Malheureusement, force est de constater, que la majorité des chercheurs traditionnels et "modernes" ont pratiqué ce découpage, pulvérisant le texte en plus de 6000 sous-unités et ne faisant du Livre qu’une somme de phrases indépendantes, un non texte.

- Le présent travail démontre à lui seul l’absolu nécessité de dépasser la lecture verset par verset. Le Coran est un texte, et quel texte !, qui ne peut être compris qu’en tenant compte de son intégrité structurelle. Nous avions indiqué en première partie que nous proposerions une approche exégétique supplémentaire. Celle-ci va nous permettre de confirmer par une autre voie les résultats fournis par la lecture contextuelle et grammaticale.

A cette fin, on peut procéder à une analyse de la sémiotique sémitique ou, plus exactement encore, à une analyse selon les règles de la sémiotique structurelle de la Révélation. Derrière ce jargon de spécialiste se cache un outil exégétique extrêmement puissant apportant une vision structurelle de la Révélation. Il nous est donné ici l’occasion d’en faire une démonstration simple[2].

Considérons, différemment mis en page, le passage que nous venons d’étudier :

a) Dieu, certes, défendra les croyants.

b) Dieu, certes, n’aime pas le traître plein d’ingratitude.

Autorisation est donnée à ceux qui combattent pour avoir été opprimés.

c) Dieu, certes, est à même de les rendre victorieux.

d) Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures en dehors de tout droit pour avoir seulement proclamé : "Dieu est notre Seigneur."

N’eut été le fait que DIEU REPOUSSE les hommes les uns par les autres,

d’) Que d’ermitages auraient été détruits, de synagogues, d’oratoires et de mosquées, tant de lieu où l’on célèbre le Nom de Dieu abondamment.

c’) Dieu, certes, donnera la victoire à ceux qui le soutiennent car Dieu, certes, détient Force et Puissance.

b’) Ceux qui, si Nous leurs donnions le pouvoir terrestre, prieraient et verseraient l’aumône, ordonneraient le bien et interdiraient le mal.

a’) Toute finalité est à Dieu.

Nous aurons déjà remarqué que la présentation initiale de la traduction de ce passage coranique ne suit pas linéairement le découpage verset par verset. Les versets du Coran ne correspondent pas à des unités de sens indépendantes et autonomes mises bout à bout[3].

L’ordre même, bien souvent, déroute le lecteur conditionné par la composition de texte selon les règles du classicisme occidental. Au minimum, il faut donc nécessairement lors de la lecture structurer le texte selon des critères de sens, chose que les éditions du Coran en langue arabe ne proposent pas[4] mais que l’on retrouve parfois dans les traductions, c’est ici le cas. Ces "assemblages" sont bien souvent approximatifs et arbitraires, et totalement tributaires des traducteurs.

La présentation sous l’angle structurel de la Révélation est radicalement autre. Elle tient compte bien évidemment de l’ordre des versets mais prend en compte les unités de sens dans leur composition d’ensemble.

Le "découpage" est ainsi totalement différent mais, fait essentiel, dirigé selon des principes précis. Cette approche offre une vision quasiment holographique[5] permettant de mettre en valeur les séquences majeures et les thèmes centraux autours desquels sont construits selon des règles bien définies les compléments d’information.

Dans l’exemple que nous avons fourni, à l’intérieur de la symétrie structurelle, la colorisation met en évidence les mots clef ou les segments complémentaires dont l’association est systématiquement porteuse de sens.

Ainsi, en ce passage, cette présentation fait apparaître immédiatement la structure. Il s’agit d’un exposé concentrique, figure très fréquente dans le Coran. Autour d’un centre, ici N’eut été le fait que DIEU REPOUSSE les hommes les uns par les autres, les autres unités sont disposées concentriquement et symétriquement ce que nous avons signalé par le pointage a-a’, b-b’, c-c’, d-d’.

L’élément central représente le thème principal autour duquel sont disposées les informations complémentaires.

On note que notre DIEU REPOUSSE, daf’u-llâhi, apparaît, qui plus est, au centre du centre ; la clef de lecture est selon cette approche parfaitement et directement mise en valeur. Il semble évident, au premier coup d’oeil si j’ose dire, que la totalité du texte est bâtie autour de ce segment clef. L’analyse grammaticale que nous en avions réalisée avait permis de déceler l’importance de cette expression, l’analyse structurelle en confirme à présent la fonction centrale.

Par la suite la lecture concentrique permet de lire la logique interne de la totalité du texte. Du fait que nous en avons déjà exposé les traits essentiels, eux aussi confirmés en cette approche, nous n’en présentons qu’un résumé :

d-d’ : sont symétriques. Le lien, la parenté d’image et de signification, entre ceux qui ont été expulsés de leurs demeures en dehors de tout droit et que d’ermitages auraient été détruits, de synagogues, d’oratoires et de mosquées, est ainsi évident. On note une autre symétrie interne signalant le rapport entre la proclamation de l’unicité exclusive et la célébration du nom de Dieu pour avoir seulement proclamé : "Dieu est notre Seigneur et l’on célèbre le Nom de Dieu abondamment.

c-c’ : sont symétriques. Leur lecture conjointe laisse nettement apparaître que la victoire ne vient que de Dieu mais qu’elle est conditionnée est à même de les rendre victorieux / la victoire à ceux qui le soutiennent. Est ici résumé la philosophie générale du propos central. Dieu ne donne la victoire qu’à ceux dont l’intention est pure. Il s’agit d’une Victoire totale et pérenne et non d’une victoire historique et passagère.

b-b’ : image en miroir. Dieu, certes, n’aime pas le traître plein d’ingratitude. Autorisation est donnée à ceux qui combattent pour avoir été opprimés / Ceux qui, si Nous leurs donnions le pouvoir terrestre, prieraient et verseraient l’aumône, ordonneraient le bien et interdiraient le mal.

Les deux corps de texte périphériques, en orange, se répondent. Le traître ingrat est celui qui, lorsqu’il possède le pouvoir, se détourne de Dieu et commet le désordre en inversant l’ordre du bien et du mal. Le croyant en est l’image inverse.

A nouveau un corps central est ainsi mis en évidence, en noir, autorisation est donnée à ceux qui combattent pour avoir été opprimés, ceux qui, si Nous leurs donnions le pouvoir terrestre. Il formule les modalités contractuelles de l’autorisation de se défendre ainsi que celles déterminant le don de la victoire par Dieu. Nous l’avons à maintes reprises évoqué, l’on ne peut se défendre au nom de Dieu que si l’on a comme programme d’instaurer un ordre de justice et de bien, telle est la condition de tout véritable jihâd.

D’un point de vue historique ceci est confirmé ; la révélation de ces versets eut lieu dès les premiers temps de l’Hégire et indiqua au Prophète SBSL qu’il lui serait effectivement donné le pouvoir ici-bas mais, qu’à cette fin, il devra construire une nouvelle communauté de musulmans, priant, versant l’aumône, ordonnant le bien et rejetant le mal. Tel est l’objectif qui lui était assigné, le fait de pouvoir répondre à l’agression des ennemis de l’Islam ne s’inscrit que secondairement dans ce projet.

La transgression de cet engagement contracté avec Dieu, mithâq, rendrait nul et non avenu tout combat : "Dieu, certes, n’aime pas le traître plein d’ingratitude."

Signalons un point de détail  : nous avions débattu au volet un de la présence injustifiée de la préposition à dans "à ceux". On comprend d’autant mieux à présent qu’effectivement il est incorrect que de comprendre et traduire ainsi. (Cf.)

a-a’ : Symétriques et complémentaires. Dieu, certes, défendra les croyants / Toute finalité est à Dieu. La lecture de ces deux unités forme conclusion suffisante.

On y perçoit clairement à présent la nature conditionnée de l’assistance divine. Tout ordre relève de Dieu, aucun bénéfice réel n’est a attendre de la désobéissance, Dieu est la finalité de toute chose ce qui en soit suffirait à justifier l’engagement des croyants. Au final Il jugera les hommes, avertissement qui pourrait renforcer certains en leur foi. Autre modulateur, la finalité des évènements qui font notre existence et notre monde nous échappe, et elle ne saura prendre pleinement sens qu’en l’au-delà.

Ainsi, selon une méthodologie novatrice dont nous espérons, plaise à Dieu, faire part en détail en une autre occasion, il a été possible de démontrer l’exactitude des résultats de l’analyse grammaticale et syntaxique. Au centre l’expression initiale "repoussoir de Dieu" prend toute signification et valeur.

Plus exactement encore, il faudrait concevoir ces deux approches, qui ne constituent nullement les deux seuls pôles de l’exégèse mais en représentent deux outils d’importance, comme complémentaires.

Conclusion.

Ainsi, avons-nous pu tout à la fois élucider le sens du verset 40 et démontrer que les affirmations classiques n’ont pas de fondement textuel. Dieu ne repousse pas les hommes les uns par les autres, il n’orchestre pas ici-bas les luttes de pouvoir, les hommes s’entredéchirent du fait de leurs propres appétits. Il n’y a pas de guerres saintes, mais des causes justes lorsque les opprimés se défendent.

Le sens du Jihâd est ici plénier et originel, il s’agit d’une lutte menée par des croyants à fin de pouvoir librement proclamer leur foi. La Victoire est ainsi celle du Vrai contre le faux. En un niveau de Réalité supérieur le Vrai, par essence, triomphe toujours mais, en notre réalité, les résultats sont conditionnels : si les circonstances l’exigent, et que les croyants se montrent dignes du tawhîd, Dieu leur accordera aussi une victoire contre les vicissitudes de l’Histoire.

Dieu ne défend que la fidélité au tawhîd, l’unicité divine. Par le tawhîd, le repoussoir de Dieu, Il insuffle une dynamique positive permettant aux opprimés de Dieu de réellement briser les chaînes de l’oppression de l’homme.

Fin de la deuxième partie.



[1] - Je me permets à ce sujet de renvoyer à la question "Guerre & Paix" en "Que dit vraiment le Coran.

[2] - Ces notions essentielles seront exposées, plaise à Dieu, dans l’ouvrage en préparation "A la Lumière du Coran" Tome I. A travers les avancées substantielles que nous exposons au sujet de la nature même de la Révélation se dessine une approche structurelle du texte coranique différant en partie des restrictions au seul champ sémitique tel que le conçoivent les Biblistes.

[3] - L’origine de ce phénomène est à rechercher dans les mécanismes intimes de la Révélation.

[4] - Rappelons qu’à l’origine les premiers Corans écrits se présentaient sans aucune ponctuation ni aucune séparation entre les versets, un bloc unique et compact. As-Suyûtî fait justement remarquer que nul ne connaît exactement le nombre de versets du Coran et que peu importe.

[5] - Il aurait fallu dire holophrastique, la perception étant globale.



Mots clés

Dr Al ’Ajamî

Auteur de « Que dit vraiment le Coran » et de "Quarante Hadiths authentiques de Ramadan" parus aux éditions Zenith, 2009. http://editionszenith.fr

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

15 avril 2009
Mounir a dit :
Ce genre de remarque péremptoire est complètement fausse car outre le fait qu’elle met de côté les divergences entre dialectes et arabe classique, la complexité, pour ne pas dire la richesse, de la langue coranique rend l’appréhension du texte difficile. Celui-ci nécessite donc une étude exigente et patiente.
31 mars 2009
Habib a dit :
Dr Al ‘Ajami, Aas-salm Alayakoum. Baarakallahou fîka. Concernant le concept de d’ ’exégèse atomisée’, on peut réellement comprendre l’angoisse et le vertige qui nous terrasse face, pour la première fois, à un véritable travail intellectuel islamique et scientifique en langue française. Je m’explique : Appelons cela ‘atomique’, cela nous semble trop occidental, n’est-ce pas ! Alors appelons le ‘As-sabru wa at-taqsîm,’ technique conceptologique bien connue des juristes musulmans, et essayons de détecter la moindre différence méthodologique entre ce que Dr Ajami nous a proposé et cette technique là qui nous permet de distinguer parmi tant de qualité proposées celle qui, seule dans un texte est à même de devenir la cause légifèrente (al’Illa). Allons, allons, n’ayons pas peur des mots, regardons les resulats. Pour les arabisants, il n’est pas vrai que tous les arabisants sont si coincés que le dit un lecteur, seulement ils insistent, peut-être de manière un peu excessive, sur l’importance de la Sunna dans la formulation du vrai visage de l’Islam. Un islam sans Sunna, est surement un Islam défiguré. Cela n’est pas la démarche du Dr. Cette démarche s’appelle en Arabe : ‘Tafsîr al Qurân bil Qurân’. Elle consiste, à quelques différences mineures près, à prendre un ou plusieurs versets et en faire des clefs pour en ouvrir beaucoup d’autres, c’est très connu chez les ‘Ulamas. Ce qui est différent de ‘Tafsîr al Qurân lil Qurân’. Car, ce dernier consiste à justifier jugement préétabli d’un verset par un grand nombre d’autres versets. C’est là une fausse attitude théologique. Que Dieu nous Garde.
31 mars 2009
Habib a dit :
Dr Al ‘Ajami, Aas-salm Alayakoum. Baarakallahou fîka. Sur le thème de la supposée ‘opposition des religions les unes contre les autres’, je rappelle à la mémoire des lecteurs du Coran que ce Livre Saint est traversé d’une manière constante de l’affirmation qu’il est venu en confirmation des Livres trouvés devant lui –en temps réel j’entend- (s10, v37 ; s12, v111 ; s5, v48 ; s35, v31 ; s46, v30). Et notre prophète (As) confirma explicitement ce caractère unitaire des différentes démarches monothéistes évoqué le Dr : ‘Au contraire ces croyants sont tous réunis sous la même bannière, ils subissent tous la même injustice, ce qui les rend de principe solidaires.’. En effet, notre Prophète di : « Nous, les prophètes, sommes les enfants de différentes mère (abnâ’ ‘illâtinأبناء علاّت), cependant du même père » (al Bukharî). D’où vient donc cette opposition ? Quelle est le savant musulman qui a soutenu une telle thèse ? Ibn Taymiyya (561-628h), bête noire de certains milieux, a écrit un des plus sévères pamphlets écrits par les musulmans contres les gens du livre (al Jawâbu aṣ-ṣaḩîḩ liman baddala dîna al Masîḩ الجواب الصّحيح لمن بدّل دين المسيح - que je crois traduit en français), il n’est pourtant, pour lui, que question d’abrogation de certains préceptes (puisque les questions de dogmes, les questions morales, les informations réellement révélées ne sont pas assujetties à l’abrogation) et d’altération par l’Eglise de certains autres. Il n’est jamais, ni pour lui, ni pour les ‘Ulamas (je ne parle pas des prêcheurs coléreux), question de mise en cause définitive des religions issues du monothéisme ibrâhimique, pas plus que d’un rejet total de leurs livres. A lire ces livres, -les lisons-nous ?-, on y trouve encore un fond de monothéisme, de morale et de questions dogmatiques incontestablement confirmées par le Saint Coran et soutenues du point de vue de la théologie musulmane). Situons donc le débat là où il est véritablement situé à savoir : le débat théologique que notre prophète lui-même à eu à avoir avec les gens du Livre. Ne le déplaçons pas vers des horizons obscurs de l’ignorance, alors qu’Allah Lui-même leur demande explicitement et du temps même de Muḩammad (As) à se conformer à leurs livres « Mais comment te demanderaient-ils d’être leur juge quand ils ont avec eux la Thora dans laquelle se trouve le jugement d’Allah (s5, 43) », « Ô Gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’Evangile (s5, v68 » « Que les gens de l’Evangile jugent d’après ce qu’Allah y a fait descendre » (s5, v47).
31 mars 2009
poildecarotte a dit :
@ amazone : c’est très juste.
30 mars 2009
neferisa a dit :

Bonjour

l’article est très interressant car elle donne l’exemple d’une analyse rhétorique du Coran qui fait penser à ce qui existe en matière d’analyse rhétorique biblique. Elle met en valeur une forme de rhétorique, de discours qui diffère de la rhétorique grecque qui est linéaire alors que le discours coranique est plus complexe. Cette étude serait encore plus complète si elle concernait toute la sourate. Mais bon on ne peut pas tout avoir !!!

30 mars 2009
frarabophone a dit :
Pour ceux qui sont salafisants, plus qu’arabisants je suppose, tout est clair(e) en arabe. Donc il y a deux catégorie d’êtres : Les pauvres francophones qui sont obligés de réfléchir, ils peuvent lire Al ajami. Et les arabophones qui eux comprennent tout et n’ont donc pas besoin de lire...la messe est dite, salam.
30 mars 2009
amazone a dit :
"...alors que pour les arabophones tout est claire dans le coran ; la sounnah et les sahihs de al-boukhari et mouslim" Je ne suis pas d’accord avec vous. La grandeur du Coran est que certains versets ont besoin d’être expliqués,traduits, interprêtés et analysés. Croire que le Coran est abordable et accessible est une erreur. Il se doit d’être abordé avec une grande culture, une bonne connaissance de l’histoire, une grande ouverture d’esprit, une intelligence du coeur et de la tête et surtout avec un esprit vierge de tout préjugé. C’est la raison pour laquelle il nous est demandé de nous instruire. Le premier ordre donné au Prophète Mohamed (SAW)est : LIS ! c’est dire l’importance d’instruction !
30 mars 2009
Karim B., Montréal a dit :

Salam aleykoum frères, soeurs

Merci au Dr Al Ajami pour ce lumineux article.

Frère Othmane, vous dites :

"un long développement tortueux pour affirmer qu’on ne peut opposer les religions entre-elles"

Faire dire au Dr que "Ne pas opposer les religions entre elles" comme vous le dites supposent implicitiment que celui-ci nous mènerait à toutes les confondres.

C’est complètement faux. Le Dr nous rappelle à travers sa lecture du passage que Dieu -Exalté Soit-Il- à travers le Coran n’appelle pas à la guerre religieuse mais vers une bonne guidance.

Vous dites : "Si l’on vous agresse dans la rue prévoyez un programme permettant d’instaurer un ordre de justice et de bien ! Sinon vous n’avez pas le droit de vous défendre !"

Rien pourtant dans son texte, au contraire, ne soutient qu’il faut se laisser agresser dans la rue moyennant l’obligation d’avoir un quelconque programme.

La portée de la lecture qu’il nous offre est large. Elle nous rappelle entre autre que se défendre contre l’agression n’est pas tout.

Que la force brute de la tribu, de l’armée ou de la police n’est pas suffisante.

L’Homme peut se faire valoir d’une cause juste mais oublier ce qu’il doit à Dieu et par là s’égarer.

Pire encore, invoquer le nom de Dieu pour commettre des actes détestables.

Vous prettez des intentions malsaines au texte du docteur et c’est bien dommage.

Le musulman doit aspirer à être plus qu’un bagarreur de rue.

ET Dieu -Exalté Soit-Il- Connaît mieux le contenu des coeurs.

Wa salam.

30 mars 2009
Le kabyle Solitaire ! a dit :

Salam,

A tous les ENERVER du WEB. Pourquoi tant de colère et de méchanceté gratuite dans vos réponses.

C’est à croire que les travaux du DR auraient pour mission de nous détourner ou nous induire en erreur dans notre religion. A la lecture de ses différents textes sur Oumma, je ne doute pas de la sincérité de ses travaux qui méritent à eux seuls , respect et humilité pour le temps passée. Mes ces deux qualités ne peuvent être appliqués que par des cœurs apaisés et serein.

Conseil du Kabyle Solitaire : Respirez un bon coup, resservez vous un verre de thé, et continuez à enrichir vos connaissances. Peut être que le Dr pourra nous aider Incha’ALLAH à ouvrir des portes par lesquelles nous ne serions jamais passé, et peut être qui sait appaisé certains coeurs ENERVER ;=)

Fraternellement .

29 mars 2009
poildecarotte a dit :

@ passant : Le problème pour vous le passant c’est que vous avez adopté l’inertie comme principe de conduite et le manque de confiance comme mode de vie, vestiges du passé qui ne sont plus de mise aujourd’hui. De nos jours, les temps ont changé, aux vestiges mortifères du passé nous opposons délibérément l’audace, la confiance en soi, l’élan créateur comme principes non négociables.

PS/ L’expression "Allah ou alamou" ne peut pas être utilisée à tord et à travers, et sourtout il ne faut pas en faire un prétexte pour rester dans la paresse.

Cordialement.

29 mars 2009
kadour a dit :
salam comme d habitude une lecture faite au microscope splendide @ othmane qui veut opposer les religions entre elles t propos sont anti musulmans peut etre que tu ne l est pas ?
29 mars 2009
farid a dit :
BRAVO DR ,votre lecture du coran et tout simplement remarquable,et merci pour les nouveau mots appris déplaise au inculte
29 mars 2009
nabil a dit :
@othmane qui na rien compris c est pas étonnant c un salaf qui veut des musulmans dure pour mater les infidèles je sens une profonde frustrations dans vos commentaires
29 mars 2009
sadia a dit :
merci DR une lecture remarquable du texte coranique comme d habitude je les plains c petit salafiste qu il veule faire la guerre au juifs et au chretiens vous leur couper l herbe sous les pieds
29 mars 2009
waladouhou a dit :
salam Que le passant passe son chemin ! pour dire ça franchement...Merci Dr.
29 mars 2009
Un passant a dit :
Le problème avec le Dr AL-AJAMI c’est qu’il est toujours sur de lui et de son interprétation ; sans jamais dire wa allaho aalam" formule qu’emploie systématiquement tout alim digne de ce nom et qui craint ALLAH . Fraternellement .
29 mars 2009
Un visionnaire a dit :
Je pense que les musulmans francophones contemporains attendent un discours qui correspond à leurs attentes personnelles / et le Dr al-ajami est une bénédiction pour eux ; alors que pour les arabophones tout est claire dans le coran ; la sounnah et les sahihs de al-boukhari et mouslim . ALLAH guide et égare qui il veut ; et qu’ALLAH me guide vers le droit chemin , et non pas vers celui des égarés !!! Amicalement un septique .
29 mars 2009
poildecarotte a dit :
"Analyse atomisée du Coran" : c’est une démarche intéressante, car elle fait articuler plusieurs versets sans lien apparent autour d’une seule parole constituant "l’unité centrale", et restitue un sens unique et parfaitement audible.
29 mars 2009
Me Oumar OULD MOHAMED MOCTAR a dit :

Je pense que le message est simple : "le pouvoir arrête le pouvoir" "les hommes arrêtent les hommes". quant un peuple ou un groupe méconnait les enseignement de d’Allah sèment la tyrannie, le joug contre d’autres hommes, qu’ils soient musulmans, athées ou n’importe quoi, Dieu leur envoi d’autres peuples, d’autres groupes plus puissants qui les mettront inévitablement au tapis. quand vous abusez injustement de la force que Dieu vous a donné, la force dee Dieu à travers d’autres hommes ou évenement vous raménera à votre plus faible expression.

Dieu défendra les croyants.

Oui ceux qui croient en Dieu font le bien défedent le bien abhorrent l’injustice, pr^che la bonne parole, Dieu les soutient, parce que la vérité fini toujours par triompher, oparce que seule la justcie peut durer. Ceux qui font du bien , qui évitent de faire du mal, auront raison, car il pour avoir raison des autres, de ses adversaires, il faudra avoir raion de soi même.

Par ailleurs, nous n’avons pas en tant que musulmans de nous défendre de ne pas être groyeurs, parce que ce n’est pâs dans notre nature religieuse. le coran nous autorise la légitime défense, nous agressons ceux qui nous agressent et notre défense est proportionnelle à l’attaque que nous subissons.

Si la guerre est inévitable, si c’est toi ou moi, si mon existence en soi te gêne, alors le coran justice divine m’autorise à me défendre.

Les musulmans ne se sont pas ingéniés à produire des armes de destructions massives, à asservir des peuples, à dérciner des civilisations.

Alors pourquoi ce complexe ?

N’essayons pas de convaincre l’autre en lui montrant fuassement, exagérement que nous lui ressemblons ; mais plus tôt en lui diasant la vérité sur nous sur lui.

29 mars 2009
mohamed a dit :
salam ca ne fait plus de doute notre DR et vraiment un savant de l ISLAM on peut aisément lui donner ce titre , merci DR et que ALLAH vous facilite encore plus dans votre quête du savoir et de la recherche salam

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