« Les jeunes s’identifient de plus en plus à l’Islam »

Politologue, ancien chercheur au CEDEJ (Le Caire), auteur de nombreuses études sur les processus d’islamisation en Égypte, au Soudan, au Maroc, au Yémen, en Afghanistan ainsi que dans les populations musulmanes d’Occident, Patrick Haenni vient de co-éditer « Les Minarets de la discorde » aux éditions Infolio Religioscope, 2009.

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Jeudi 9 Septembre 2010
Articles
« Les jeunes s’identifient de plus en plus à l’Islam »
le mercredi 18 novembre 2009


On assiste simultanément depuis cet été à l’ouverture de deux combats : celui contre la burqa en France et celui contre la construction de nouveaux minarets en Suisse. Selon vous y a-t-il continuité entre deux nouvelles expressions d’une islamophobie gagnant du terrain dans l’ensemble de l’Europe ou différence de contexte ?

Il y a bien un cadre commun : c’est la projection massive d’un nouveau discours essentialiste sur l’islam dans le champ politique. Ce néo-orientalisme, auquel le chercheur Olivier Moos a consacré sa thèse - et occasionnellement un article dans notre livre - est bien transnational. Il s’appuie sur des réseaux plus ou moins lâches d’intellectuels engagés dans ce nouveau combat qui est la critique de l’islam comme « système » ou comme « idéologie » qui vont de Daniel Pipes aux différentes expressions de ce courant de pensée comme, en Suisse, certaines franges de l’UDF ou le Mouvement suisse contre l’islamisation. Pourtant, les contextes sont très différents.

En Suisse, contrairement à la France, la laïcité est minimaliste. Elle fonctionne comme principe (dont la réalisation est d’ailleurs très imparfaite) institutionnel de séparation des sphères religieuse et politique, mais non comme une idéologie totalisante comme en France. En conséquence, alors que le combat contre la « burqa » en France mobilise dans l’ensemble du spectre politique, trouvant des supporters de l’UMP au PC en passant par de bonnes franges du PS, le combat anti-minarets ne concerne qu’une frange restreinte de la société politique suisse : la droite anti-immigrés, c’est-à-dire une tendance seulement de l’Union Démocratique du Centre et une partie des Evangéliques, venant chacun avec ses propres objectifs : verrouiller l’immigration pour les uns dont l’islam est devenue le symbole, sauver la Suisse chrétienne mise en péril par l’islam perçu comme nataliste, expansionniste et par essence subversif. Etant entendu que pour les deux, l’islam ne pouvant penser l’autonomie des sphères politique et religieuse, les musulman sont du coup irrémédiablement perçus comme complotant pour l’instauration de la sharia.

En quoi, ce néo-orientalisme fondant la perception des différents combats contre les symboles de l’islam, minarets ou burqa, est-il véritablement nouveau ?

Ce néo-orientalisme repose sur une vision culturaliste de l’islam qui est tout sauf nouvelle. Elle remonte aux écrits orientalistes qui érigèrent l’islam en monde à la fois irrémédiablement hermétique à l’Occident et culturellement homogène. L’islam est alors tour à tour une religion, une culture, une tradition, des principes inébranlables (l’indivisibilité du temporel et du spirituel par exemple), le tout fondant un bloc non seulement opaque, mais contradictoire par rapport à un autre fantasme unitaire : l’Occident comme unité culturelle. Le discours médiatique et politique sur l’islam doit beaucoup à cette vision.

Mais les motivations derrière ces discours changent. L’orientalisme accompagne le moment colonial, il vise à faciliter la gestion politique et sécuritaire des sociétés sous occupation. Le discours totalisant sur l’islam aujourd’hui prend appui sur une toute autre réalité, plus complexe où interviennent le fait migratoire, des stratégies populistes et médiatiques et un nouveau type de xénophobie qui ne vise pas directement une population, mais l’islam compris comme « idéologie », et non les musulmans.

Même si bien sûr en contrecoup les musulmans font les frais de cette xénophobie idéologique. En soi, cette critique n’est pas un problème (même si ses fondements méthodologiques sont biaisés) car elle relève du débat démocratique, c’est-à-dire la critique des idées de groupes perçus comme adversaires ou concurrents. Ce qui me pose problème, d’un point de vue de paix civile, c’est que ces cercles ne se fassent les relais de discours non pas critiques mais haineux qui, eux, ne relèvent plus du débat démocratique.

Le culturalisme c’est le repoussoir de tous les sociologues travaillant sur l’islam et le monde musulman. Mais est-il pour autant nécessairement faux ... par exemple sur la question du natalisme : même dans le monde musulman, existe et prédomine, sur le ton de l’humour, cette idée d’une fécondité galopante. Quels arguments opposer à ces idées tenaces ?

Tout simplement les faits et l’analyse. C’est la meilleure contribution que le chercheur puisse faire au débat public : délaisser les opinions et se laisser porter exclusivement par une analyse froide et rigoureuse. Face à la peur démographique musulmane, il suffit de donner des chiffres, qui existent, et qui sont sans appel. Je retiens deux constats essentiels à ce propos : tout d’abord la démographie musulmane est mondialement en recul et tend à s’aligner en très peu de temps et selon des rythmes de décrue impressionnants sur les taux de fécondité des pays occidentaux.

Ensuite, contrairement au monde chrétien où il aura fallu la déchristianisation (en plus de l’alphabétisation) pour rendre possible la dénatalisation, l’islam vécu ne s’oppose pas à la décrue démographique : en Iran, ce n’est pas durant l’ère modernisatrice du shah, mais au sommet du moment révolutionnaire islamique, en 1985, que s’amorce la décrue démographique. Les pays du Golfe, grands pourvoyeurs de rigorisme religieux s’alignent aussi ainsi que les sociétés tribales. Les processus d’islamisation n’ont pas été des obstacles à la modernisation démographique même si leurs promoteurs parfois la déplorent comme le président iranien Ahmadinejad qui y voit l’influence délétère des moeurs occidentales. Mais, comme tant d’autres dans la région, il confond modernisation et occidentalisation.

Dans quelle mesure est-ce que ce néo-orientalisme est-il rattaché d’une manière ou d’une autre à la question israélienne ?

Je ne parlerai que de la Suisse que je connais mieux car la question est complexe. D’une part, la tentation facile de chercher le « complot sioniste » doit être rejetée car la structuration de ce discours a aussi des origines qui s’inscrivent avant tout dans la dynamique de la droite xénophobe suisse qui tend à se focaliser sur l’islam, d’interrogations face à une population musulmane qui, en Suisse, a augmenté de façon véritablement exponentielle (mais en raison des politiques migratoires et non de la natalité musulmane).

Dans le même temps, des connections existent. Ainsi, au sein des Evangéliques suisses, une tendance chrétienne sioniste existe. Des connections avec des prédicateurs radicaux comme Avi Lipkin également. L’éveil de certains militants de la critique de l’islam s’est fait à partir de la question israélienne et non à partir de celles de l’immigration. Il y a donc bien un facteur sioniste, mais il n’est pas le seul et il n’est pas dominant.

Vous vous appuyez sur votre analyse des sondages de l’IFOP et affirmez, contrairement aux idées convenues, qu’il n’y a pas « islamisation » au sens de hausse importante de la religiosité et que la sécularisation n’est pas étrangère aux populations musulmanes en Occident ...

Il faut s’entendre sur le terme de sécularisation que l’on peut voir de deux manières. L’une, c’est l’abandon progressif de la référence religieuse par une société. L’autre, c’est l’affirmation d’un séparation du religieux et des autres sphères de la vie sociale, en particulier de la politique. On peut alors, sur ces deux acceptions, faire plusieurs constats. Au niveau de la religiosité, elle semble en phase de légère régression. Elle concerne beaucoup plus les personnes âgées que les jeunes chez qui ce qui progresse est, avant tout, certaines expressions religieuses fortement socialisées comme la pratique du ramadan.

Ce qui progresse chez les jeunes, plus que la piété individuelle, c’est l’identification à l’islam.Mais les retours au religieux sont souvent très visibles (les comportements vestimentaires des born again et des convertis, hommes - la barbe et le qamis - comme femmes - le voile intégral) tout en étant peu encadrés (ils partent de l’individu, passent peu par des engagements organisationnels, et n’ont pas de projet politique et stratégique).

Cette nouvelle religiosité est donc à la fois plus publique et moins politique. Ce qui fait qu’elle pose un problème idéologique en France (car elle ne se confine pas au privé sans être pour autant politique). Elle ne constitue néanmoins pas– sauf pour les jihadistes – de menace politique ou sécuritaire. Au niveau de l’autonomisation du religieux des autres sphères, on remarque que l’Europe (la situation de minoritaire) invalide tout projet stratégique réel pour les acteurs de l’islam politique.

Ils sont alors contraints soit à la prédication (mais sur ce terrain les salafistes ou le tabligh sont meilleures), soit au lobbying (mais il faut trouver la masse critique de supporters ce qui est difficile donc on devient, au mieux, conseiller du prince) ou à se transformer en notables ce qui ne donne des résultats que au niveau local et vous expose au soupçon de compromission avec le pouvoir (comme le lobbying d’ailleurs). Quant aux fondamentalistes, les salafistes, qui sont en quête de la reproduction de la société idéale des premiers temps de la prophétie, ils sont contraints en contexte non musulman au repli sectaire et rêvent d’exode.

Par ailleurs, il y a une désillusion croissante chez beaucoup de jeunes d’une part face à la capacité pratique du projet islamique (qui fait de la religion un programme de réforme politique ou sociale) et, d’autre part, par rapport à la nécessité de penser le retour à l’islam en termes d’alternative civilisationnelle face à l’Occident. Dans le premier cas, on recherche le « politique pur » comme le disait un ancien activiste et le passage au politique devient sécularisé (passage par les partis existants, mobilisation sur des identité politiques non expressément religieuses comme les Indigènes de la république en France).

Dans le second cas, ce qui est recherché c’est le streetwear islamique, la pop hallal et Meca Cola, c’est-à-dire la « normalisation culturelle » des codes religieux référés à l’islam et non l’alternative civilisationnelle. Tous ces chemins de séparation entre religion et politique ou de déprogrammation idéologique de l’islam sont des indicateurs de la crise de la pensée qui voudrait faire de l’islam une réponse globale, politique, et exclusive aux problèmes de notre temps

Le thème de la compatibilité revient souvent dans le discours politique tant en France qu’en Suisse. En France, on parle souvent d’un islam français, voir « laïc ». En Suisse, la religiosité « profile bas » des populations musulmanes des Balkans, qui sont largement majoritaires, devient le modèle et l’islam des populations d’origine arabe le repoussoir. Que vous inspire le discours sur la compatibilité ?

Je pense encore une fois qu’il est important de clarifier les termes et de distinguer entre l’islam européen et l’islam de populations musulmanes présente en Europe. La quête de l’islam eurocompatible est invalidée non par l’islam mais par l’impossibilité d’identifier les termes de la compatibilité. Le converti jihadiste assoiffé d’anti-impérialisme est porteur de dimensions européennes : celle du radicalisme d’extrême gauche.

L’islamiste Frère musulman traditionnel est également porteur d’une dimension bien européenne (mais pas seulement) : la tradition du parti totalisant de type PC stalinien. Le conservatisme des organisations musulmanes sur les questions des valeurs (famille, homosexualité, etc.) sont encore en phases avec des valeurs européennes : celle de la droite chrétienne et/ou conservatrice. L’islam euro-compatible repose ainsi sur un double fantasme : celui de l’unité anthropologique de l’islam et celui de l’unité civilisationnelle de l’Europe.

Propos recueillis par la rédaction



Vos réactions et commentaires sur cet article

22 janvier 2010
laoro a dit :
Une note utile : la crainte de l’invasion est un thème que l’on retrouve dans les pays arabes. Beaucoup de chaine de télévision arabe font état de la progression du christianisme sur les musulmanes. C’est une peur évidemment irrationnelle (comme chez nous d’ailleurs). Il y a bien des régions où le christiannisme progresse (afrique noir et kabylie) mais ce n’est pas un phénomène massif. Cette crainte de l’invasion est un thème typique de l’extrème droite nationaliste aussi bien en Europe que dans le ponde musulman.
25 novembre 2009
Manu a dit :
Bonjour, je ne chercherais pas plus loin à vous convaincre. Mais dans mon intervention je faisais référence d’une part à mon postulat de départ ""Ce qui progresse chez les jeunes, plus que la piété individuelle, c’est l’identification à l’islam" qui s’oppose à une identification aux valeurs de la république Française. Je ne pense pas qu’elles soient si difficile que ça à comprendre mais je comprends que le chemin pour "vous" sera peut être plus long que pour des français d’origine est européenne. Et j’éspère que d’ici quelques années avec la construction de mosquées vous pourrez pratiquez en toute quiétude votre religion et aisni vous intègrer sereinement.
25 novembre 2009
Hayat a dit :

Manu,

je pense que vous avez une lecture complètement biaisée des propos d’Amazone, mais elle saura j’imagine vous le montrer mieux que moi.

Quant à ces jeunes qui ne "respectent pas les valeurs de la république", et qui donc ne peuvent rien attendre d’elle. Il me semble que vous nous resservez là un discours idéologique et électoraliste très en vogue. De quels jeunes parlez vous ? De quelles valeurs bafouées ?

Dans leur grande majorité les jeunes que l’on continue à vouloir pointer comme "issus de l’immigration" alors qu’ils sont ici depuis-combien de générations maintenant ??- ont des diplômes, recherchent du travail, aspirent à une vie on ne peu plus "normale", et n’ont rien à redire aux valeurs fondatrices de ce pays. Seulement lorsque dans toutes les démarches de la vie courante on vous renvoit vôtre origine (et plus insidiueusement vôtre religion)et que celà est critère de rejet, alors...

quelle liberté pour vous ?

quelle fraternité pour vous ??

quelle égalité ??

Les "français" dans leur ensemble devraient s’insurger contre cette grande braderie qui est faite de leurs valeurs fondatrices.

Salam.

25 novembre 2009
amazone a dit :
A Hayat : " IL va sans dire que je réfute la grotesque affirmation de Réno comme quoi j’aurai une quelconque influence sur vous (rire).." Je n’en doutais point...quoique votre sens de l’équité et la finesse de vos propos, peuvent effectivement, non pas m’influencer mais me remettre en question, m’interroger, m’interpeler et me faire réflechir.
25 novembre 2009
Hayat a dit :

Amazone Salam,

Pour fréquenter de nombreuses personnes qui au quotidien se demènent pour faire bouger les choses, je ne partage pas du tout vôtre pessimisme..mais je le comprend, étant aussi revoltée que vous par les tendances actuelles. L’abjecte discours qui est mis en avant, particulièrement au niveau politique et dans la sphère des pseudo intellectuels, ne représente cependant pas la totalité des "français"...

Salam.

P.S IL va sans dire que je réfute la grotesque affirmation de Réno comme quoi j’aurai une quelconque influence sur vous (rire)..

25 novembre 2009
shanez a dit :
Si on suit le raisonnement de Manu : être français c’est respecter les valeurs françaises ? Donc un pédophile qui viole les valeurs françaises n’est pas français ? Ce qui prouve que votre raisonnement Manu est complétement absurde non ?
25 novembre 2009
amazone a dit :

A Manu : "Amazone va même plus loin, en pensant que les jeunes devraient s’identifier à des valeurs du passé de leurs parents dans leur pays d’origine."

Non ce n’est pas ce que j’ai dit, ce n’est pas ce que j’ai insinué et ce n’est pas ce que je préconise.

Vous avez trés mal intéprêtez mes propos. Vous les déformez à votre guise. Je disais que tant que ces jeunes ne connaissent pas leur histoire et s’ils ne savent pas d’où ils viennent, ils ne peuvent pas savoir où ils vont. Point barre.

N’y lisez rien d’autre que ce que j’ai écrit.

Quant à votre rengaine limite front national :"Avant d’attendre quelque chose de la France il convient d’en respecter les valeurs", je me permets de vous rappeler que ces jeunes sont FRANCAIS qu’ils n’attendent rien de plus que ce qu’attendent les FRANCAIS. Je crois Manu que vous nagez en pleine paranoia quand vous écrivez :"le conseil d’Amazone pour les jeunes de s’attacher aux valeurs des pays d’origines de leurs parents". Je vous renvoi à mon intervention précédente.

Je pensai m’être exprimée en Français apparement, non !

Petite question Manu : quand vous dites : " :"Avant d’attendre quelque chose de la France il convient d’en respecter les valeurs" ? Merci de bien vouloir nous dire de quels valeurs parlez vous ? Et en quoi ces jeunes ne les respectent pas ?

25 novembre 2009
Hayat a dit :

Bonjour Reno,

Désolée, mais je crains fort ne pas pouvoir vous assister dans vôtre pathétique croisade, ma capsule n’étant pas restée bloquée au XIe siècle..

25 novembre 2009
amazone a dit :
A Réno : "D’ailleurs, nous n’avons même pas cherché à nous intégrer". Cette phrase n’est pas de moi. Et si elle est de moi, ce dont je doute fort, elle sort complétement de son contexte. Pour ce qui est de l’influence de Hayet, vous frôlez le délire complet !
25 novembre 2009
Jean a dit :

Bizarre, l’article présent sur ce forum le 24/11 de ada se terminant par un conseil pour le respect du vivre ensemble "la communauté doit mettre de l’eau dans son vin (ou dans son jus d’orange) a disparu.

La réponse que je lui ai adressée, elle, n’est jamais parue. Y aurait-il une explication ? Merci

24 novembre 2009
Manu a dit :
Bonjour. Hayat, j’avais perçu une ambigüité dans votre réponse que vous avez levé. Mais Amazone et vous-même disiez, à juste titre me semble t’il que les jeunes ne veulent pas s’identifier aux valeurs françaises parce que ces valeurs ne les servent pas. Amazone va même plus loin, en pensant que les jeunes devraient s’identifier à des valeurs du passé de leurs parents dans leur pays d’origine. Je comprends la première position, pas la seconde. J’ai lu il y a peu que "il n’y a pas de liberté sans règles". Avant d’attendre quelque chose de la France il convient d’en respecter les valeurs. C’est la même chose dans les religions ou il est nécessaire d’en accepter les règles pour en comprendre les valeurs. En ce qui concerne, le conseil d’Amazone pour les jeunes de s’attacher aux valeurs des pays d’origines de leurs parents, je pense que c’est un mauvais conseil parce qu’il n’y a aucune réalité physique qui pourrait venir étayer ces valeurs en cas de besoin. Par exemple, pour les événements qui ont eu lieu suite au match de l’Algérie contre l’Egypte, les gouvernements Algérien ou Egyptien n’étaient pas là pour intervenir, et les jeunes se retrouvent dans un "no mans land" des valeurs.
24 novembre 2009
Reno le Dhimmi a dit :

A Hayat qui écrit cette curiosité : "Amazone je suis d’accord avec vous sur le triste constat qu’ il ne suffit pas d’avoir pu obtenir la nationalité française se sentir pleinement accepté en tant que citoyen."

Mais, Hayat, Amazone n’a-t-elle pas écrit cette aveu il y a quelques semaines en parlant de sa famille : "D’ailleurs, nous n’avons même pas cherché à nous intégrer". Je n’arrive plus à retrouver l’article et la date, mais il suffit de chercher.

Vous qui avez quelque influence sur notre Amazone, pourriez-vous lui expliquer patiemment qu’on ne peut être acceptée quand on ne fait aucun effort pour l’être, et ceci dans tous les pays... Se plaindre tout le temps n’est pas un facteur d’intégration.

Il y a tant de pays où l’on est forcément libre et heureux.

24 novembre 2009
amazone a dit :

Nous ne pouvons que l’espèrer Hayet.

J’ai longtemps pensé comme vous :"(...) qu’il y a également un énorme travail de dialogue interculurel à faire, de formation, même, à l’interculturalité."

Aujourd’hui je doute... je ne vis plus avec cette illusion là.

24 novembre 2009
Hayat a dit :

Oui, 100% d’accord avec vous sur l’impérative nécessité d’avoir fait un travail sur nos racines pour pouvoir "croître" comme il faut.

Pour autant, est-ce suffisant ?

Personnellement je pense qu’il y a également un énorme travail de dialogue interculurel à faire, de formation, même, à l’interculturalité.

Pour travailler dans ce champ là, je suis convaincue que nombreux comportements de rejets et de discrimination sont dus à la complète méconnaissance des cultures ainsi qu’à la présence d’aprioris tenaces. Ces choses là ne sont pas irrémediable et le regard que l’on porte sur l’autre peut évoluer pour peu que l’on mette en place les "bons outils".

Mais ça demande du temps, de la motivation, de l’investissement ; et il est évident que les politiques actuelles soutienent assez peu de telles démarches.

Mais de nombreuses personnes "sur le terrain" s’investissent en ce sens il y a bon espoir de voir à terme les choses évoluer.

Salam.

24 novembre 2009
Shanez a dit :

Je crois que le mal être dont parle Hayet vient surtout d’un reveil quelque peu brutale de ces français d’origine étrangère.

Ils se rendent compte qu’ils sont toujours les laissés pour compte d’un pays qui les oublie dans la prospérité et les stigmatise dans la crise.

Ces français doivent constament montrer patte blanche, et faire montre de leur "francité" plus que le Français d’origine. Ils ne sont jamais assez Français, jamais assez patriotes, jamais assez redevables (dont on ne sait de quoi d’ailleurs), jamais comme il faut. Il suffit donc qu’ils se rapprochent de leurs origines culturelles ou religieuses pour être perçus comme n’aimant pas leur pays de naissance ou comme mettant en péril l’identité nationale. La reaction à ce rejet se traduit par ces milliers de jeunes, drapeaux algériens sur le dos fêtant la victoire d’un pays où ils ne vivent pas, dont ils ignorent tout parfois et passant sous silence la victoire, certes contestée, de leur pays de naissance qui est la France.

24 novembre 2009
Shanez a dit :

Je crois que le mal être dont parle Hayet vient surtout d’un reveil quelque peu brutale de ces français d’origine étrangère.

Ils se rendent compte qu’ils sont toujours les laissés pour compte d’un pays qui les oublie dans la prospérité et les stigmatise dans la crise.

Ces français doivent constament montrer patte blanche, et faire montre de leur "francité" plus que le Français d’origine. Ils ne sont jamais assez Français, jamais assez patriotes, jamais assez redevables (dont on ne sait de quoi d’ailleurs), jamais comme il faut. Il suffit donc qu’ils se rapprochent de leurs origines culturelles ou religieuses pour être perçus comme n’aimant pas leur pays de naissance ou comme mettant en péril l’identité nationale. La reaction à ce rejet se traduit par ces milliers de jeunes, drapeaux algériens sur le dos fêtant la victoire d’un pays où ils ne vivent pas, dont ils ignorent tout parfois et passant sous silence la victoire, certes contestée, de leur pays de naissance qui est la France.

24 novembre 2009
amazone a dit :

A Hayet : Quand je dis que :"C’est dans ce passé coloniale que ces jeunes devraient puiser la leur (force)", cela veut dire que c’est en connaissant bien leur histoire, le parcours de leurs parents, le rapport dominé dominant, et le prix payé pour se libérer de cet avilissement, qu’ils prendront conscience de qui ils sont réellement et n’auront pas besoin de s’inventer une nouvelle identité ou de prendre une identité qu’on leur refuse.

Il n’est nullement question de ressasser indéfiniement un passé douloureux mais de transformer cette douleur en quelque chose de positif.

Je crois que les épreuves endurées à titre individuel ou collectif, ne sont pas le fruit du hasard et encore moins destinées à se perdre dans les méandres de l’Histoire.

Je suis convaincue "que si l’on ne sait pas d’où l’on vient on ne peut pas savoir où l’on va"

24 novembre 2009
Hayat a dit :

Amazone je suis d’accord avec vous sur le triste constat qu’ il ne suffit pas d’avoir pu obtenir la nationalité française se sentir pleinement accepté en tant que citoyen. Mais cela, je crois que les concernés l’ont bien compris, d’ou un certain mal être lié au sentiment de non appartenance et de rejet.

Par contre je ne suis pas d’accord avec vous quant à la "marche à suivre" que vous proposez : "C’est dans ce passé coloniale que ces jeunes devraient puiser la leur (force)" . Car je ne vois pas bien ce qu’il peut y avoir de constructif à puiser en se réinscrivant sans cesse dans ce rapport malsain et conflictuel à l’autre.

Peut être suis je très idéaliste mais j’aime à penser que l’on peut construire un avenir commun fructueux et riche. Et il faudra bien à un moment donné, non pas oublier, mais dépasser ce rapport de "colonisation"..

Bien entendu que pour celà il y a tout un travail préalable de reconnaîssance de l’histoire à faire, travail qui est essentiel pour que chacun se sente respecté dans son vécu.

Et il faudra bien que les "franco franco français" (c’est une appellation de Rachid Zani) acceptent de se départir un peu de leurs préjugés vis à vis de personnes qu’ils ont été si prompt à accueillir lorsque le pays avait tant besoin d’eux.

Autant dire qu’il y a du pain sur la planche, mais, incha’Allah..

24 novembre 2009
amazone a dit :
Tout à fait Hayet. Sur ce même site dans une intervention au sujet de Malcom X, Didier me reprochait d’être obnibulée ou mieux marqué dans ma chair et dans mon âme par le colonialisme. Il est vrai que l’on porte l’histoire de son peuple, de ses parents et de ses ancêtres. Et qu’il faut que cette histoire ne devienne pas un fardeau mais une force. C’est dans ce passé coloniale que ces jeunes devraient puiser la leur. Ils éviteraient se s’illusionner sur le fait que les choses ont changés. Ils comprendraient peut être qu’il ne suffit d’avoir une pièce d’identité française pour être considéré comme français et qu’il ne suffit pas d’être Français pour être traité en tant que tel. Que des générations avant la leur en ont fait les frais et que le reveil fut trés douloureux. L’histoire est t-elle sensée se répeter indéfiniement sans quelle nous serve ?
24 novembre 2009
Hayat a dit :
Amazone, j’étais partie pour écrire un "complément de réponse" à Manu qui montrait que lorsque ces valeurs fondatrices n’étaient pas "universellement appliquées", il n’était pas étonnant que certains aient un mouvement de rejet.. Il est donc maintenant inutile que je m’étende sur le sujet... Salam à vous.
24 novembre 2009
amazone a dit :

A Manu : vous vous interrogez en écrivant :"J’ai du mal à percevoir ce qui empêche les jeunes nés en France de s’identifier aux idéaux de la démocratie Française. " Ce qui empêchent les jeunes nés en France de s’identifier aux idéaux de la démocratie Française c’est parce que ces idéaux ne les concernent pas. Ils ne leur sont pas appliqués, ils en sont exclus, ils ne leur sont pas destinés.

Les idéaux de la démocratie Française sont formidables quand ils sont appliqués à tous les citoyens sans distinction, mais quand une partie de ces citoyens voient ses idéaux bafoués, écrasés ou ignorés quant il s’agit de les appliquer à un certaine catégorie de la population Française, ces idéaux ne font plus sens chez eux. Alors ils cherchent d’autres idéaux, mythiques peut être, mais des idéaux qui leurs redonnent l’impression de ne plus être des citoyens de seconde zone.

24 novembre 2009
Shanez a dit :
A Réno :"les idéaux des droits de l’Homme sont universels et humains" ! Voilà une nouveauté à "révéler" dans bon nombre de pays musulmans et surtout dans le pays " Je crois que vous n’avez malheureusement rien compris à mon intervention, aveuglé que vous êtes par les phares de l’ignorance !
24 novembre 2009
Hayat a dit :

Bonjour Manu,

L’ambition à l’universalité est complètement autre chose. C’est la propension que peuvent avoir les musulmans à voir leur religion s’étendre.

Il n’était pas question de ça du tout dans mon intervention. Je parlais des valeurs fondatrices de l’Islam à savoir la paix, la justice, l’égalité, la fraternité, la solidarité..qui ne diffèrent en rien des valeurs des Droits de l’homme ou des valeurs fondatrices d’autres religions.. ce sont des valeurs communes à tous les Hommes qui aspirent à un vivre ensemble juste et épanouissant (je suis entièrement d’accord avec la définition de Chanez).

Le message fondamental (et non fondamentaliste) de l’Islam est un message universel, tout comme celui du judaïsme, du christianisme, du boudhisme..qui n’abroge nullement les autres traditions.

C’est en ce sens que vôtre phrase : " J’ai du mal à percevoir ce qui empêche les jeunes nés en France de s’identifier aux idéaux de la démocratie Française", me paraîssait très pertinente.

Salam.

23 novembre 2009
Reno le Dhimmi a dit :
Shanez : "les idéaux des droits de l’Homme sont universels et humains" ! Voilà une nouveauté à "révéler" dans bon nombre de pays musulmans et surtout dans le pays "gardien des lieux saints de l’Islam", l’Arabie whahabite, qui a pillé dans un passé récent les mêmes lieux saints. Faites donc quelques recherches sur Internet, instrument de renseignement qui n’existait pas il y a peu de temps et qui peut corriger beaucoup de vérités "révélées". Allez, faites l’effort : cherchez...
23 novembre 2009
Manu a dit :

Bonsoir, Hayat à dit : "les valeurs musulmanes étant universelles..tout comme les droits de l’Homme."

Les valeurs musulmanes ont une ambition universelle ce qui n’est pas la même chose. Je rejoins shanez, sur sa définition de l’universalité.

23 novembre 2009
Hayat a dit :

Je ne disais pas le contraire Chanez, je soulignais juste qu’à mon sens il n’y a aucune contradiction entre l’islam et les valeurs sur lesquelles se fondent la France, les valeurs musulmanes étant universelles..tout comme les droits de l’Homme.

Salam.

23 novembre 2009
shanez a dit :
Non Hayet : "Et pourtant les idéaux des droits de l’Homme sont des idéaux musulmans". les idéaux des droits de l’Homme sont universels et humains. Ces idéaux ne sont ni le monopole des pays occidentaux , ni celui des musulmans, ni de je ne sais qui. Ces idéaux des droits de l’Homme sont inhérents à tout homme qui a soif de libérté, de justice et d’égalité : quel que soit son origine, sa culture, son sexe, sa couleur ou sa religion !
23 novembre 2009
amazone a dit :

A Darwin : vous ecrivez : "pourquoi me renvoyer à la religion chrétienne"

Pourquoi renvoyer les musulmans aux dérives de régimes dictatoriaux ?

Les musulmans ne sont pas responsables des dérives culturelles, sexistes, sectaires ou politiques de tous les pouvoirs se proclamant musulmans. Comme les chrétiens ne sont pas responsables des dérives d’autres pays chrétiens ! Comme les juifs ne sont pas responsables des dérives d’Israel ! C’est dans ce sens qu’allait mon intervention...

23 novembre 2009
Hayat a dit :

Salam,

"J’ai du mal à percevoir ce qui empêche les jeunes nés en France de s’identifier aux idéaux de la démocratie Française. " a dit Manu.

Et pourtant les idéaux des droits de l’Homme sont des idéaux musulmans..

Mais vous avez sûrement raison dans vôtre constat d’un rattachement réactionnaire et identitaire à l’islam chez nombreux jeunes.

22 novembre 2009
Manu a dit :

Dans l’article ci-dessus il est écrit "Ce qui progresse chez les jeunes, plus que la piété individuelle, c’est l’identification à l’islam".

Je vois dans cette affirmation une opposition par rapport au débat qui à lieu actuellement en France sur l’identité nationale. J’ai du mal à percevoir ce qui empêche les jeunes nés en France de s’identifier aux idéaux de la démocratie Française. Je vois cela comme une révolte contre le système un peu comme le NPA s’oppose au capitalisme.

21 novembre 2009
darwin a dit :

A Amazone, pourquoi me renvoyer à la religion chrétienne : Donc Une fois pour toutes Je ne SUIS PAS CHRETIEN ET JE NE SUIS PAS BAPTISE et je n’ai JAMAIS ENTENDU PARLE DE RELIGION A LA MAISON et pour finir je ne me sens pas appartenir à la COMMUNAUTE CHRETIENNE et des gens comme moi il y en a heureusement des millions de gens.

PAR CONTRE oui les protestants devraient être questionnés sur les actions de Bush, bien entendu et les gens qui se réclament du catholicisme sur les prêtres pédophiles (ça ne veut pas dire qu’on condamne tous catholiques mais qu’on leur demande de s’interroger sur ce qui pourrait, dans l’organisation de leur religion aboutir à ce genre d’horreurs).

21 novembre 2009
Mamadou a dit :
Islam maghrebin ?
20 novembre 2009
shanez a dit :
A de passage : C’est rigolo que vous disiez cela :"mais au moins les occidentaux ont des lois, et la pédophilie est condamnée." Oui des lois que l’on détournent quelques fois comme nous l’avons vu dans l’affaire polansky ? Où un ministre qui représente la France défend bec et ongle un homme accusé d’avoir drogué et violé une gamine de 13 ans ! J’aime votre humour et votre sens de l’équité !
20 novembre 2009
amazone a dit :

A de passage :"les imams disent licite le mariage des fillette dès l’âge de 9ans" les imams disent ce qu’ils veulent, et parfois ils disent des conneries.

C’est comme le pape qui s’oppose aux préservatifs et cause par la même occasion la contamination du Sida, à des millions de chrétiens !

Devenons prendre les paroles du pape ou de ces imams comme paroles d’évangiles ?

20 novembre 2009
amazone a dit :

A celui qui écrit  :"A ceci prêt que les prêtres dont vous parlez ne sont pas au pouvoir et n’impose pas leur loi. Au Soudan, les lapideurs SONT le pouvoir"

Mais si vous voulez d’autres exemples avec des gens au pouvoir se déclarant d’une confession donnée je pourrais vous donner l’exemple de ces Français de bons chrétiens à l’image de Pétain, qui n’ont pas hésités à envoyer certains de leurs compatriotes dans les camps de la mort.

VOus sentez vous responsables du fait que des gens , pratiquants le même culte que vous aient massacrés leurs compatriotes ?

Et que dire de la complicité d’un pouvoir papal dans le massacre des juifs ?

VOus sentez vous coupables ?

Que dire d’un bon chrétien comme Busch assis au pouvoir et ordonnant le massacre de milliers d’Afghans et d’Irakiens ?

Vous sentez vous coupables ou concernés ?

Devez vous endosser la responsabilité de tous les criminels de guerre qui se disent de la même confession que vous ?

Moi non je ne me sens ni coupable ni responsable des dérives de certains se proclamant musulmans !

20 novembre 2009
de passage a dit :

Amazone, les imams disent licite le mariage des fillette dès l’âge de 9ans, n’est-ce pas de la pédophilie ? et cette gamine de 12 ans, yémenite qui meurt en accouchant, n’est-ce pas du viol légalisé ?

Les bas instincts et les perversions de l’être humain sont partout pareil, mais au moins les occidentaux ont des lois, et la pédophilie est condamnée.

Alors soyez un peu plus honnête dans vos messages, parce que le bourrage de crâne a ses limites.

20 novembre 2009

A Amazone,

vous dites "Je ne me sens pas concernée, s’il y a des intégristes au Soudan qui se proclament musulmans, je n’en suis pas responsables, pas plus que vous n’êtes responsables des prêtres pédophiles aux USA ou en Europe !"

A ceci prêt que les prêtres dont vous parlez ne sont pas au pouvoir et n’impose pas leur loi. Au Soudan, les lapideurs SONT le pouvoir

19 novembre 2009
Hayat a dit :
A ce compte là, Réno, si l’on veut s’appuyer sur des faits politico/ historiques pour soutenir que certaines cultures sont plus attardées que d’autres,alors on pourrait dire par exemple pour reprendre vôtre thématique du droit des femmes, que : en 1934 les femmes turques obtenaient le droit de vote alors que les françaises n’avaient même pas la "capacité juridique" (d’avoir un compte bancaire par exemple). Les françaises n’obtiendront le droit de vote qu’en 1945. Il va sans dire que nous attendons également toujours l’élection d’une présidente.. alors que le Pakistan et l’Indonésie.. Bon, bref, tout ça pour dire que si on est selectif dans son choix des évènements, on peut soutenir à peu près n’importe quoi, n’est-ce pas ?
19 novembre 2009
ada a dit :

Pour ce qui est du pantalon, sachez, même si ce n’est pas d’une importance capitale, que son port a été interdit aux femmes à la Maison Blanche sous le mandat de G. W. Bush II.

D’autre part, jusqu’à la fin des années 1960, les employées, en particulier dans les banques, étaient tenues de porter une jupe, et des collants, même par forte chaleur, à Paris (capitale de la France, je précise, parce que cela pourrait être Paris au Texas, Etats-Unis). Pantalon interdit, donc.

Le progrès est relatif, il suffit juste de ne pas avoir la mémoire courte, et la vision entravée par des oeillères...

19 novembre 2009
amazone a dit :
A Réno : "Loubna Hussein, journaliste soudanaise, vient d’arriver en France." Je ne me sens pas concernée, s’il y a des intégristes au Soudan qui se proclament musulmans, je n’en suis pas responsables, pas plus que vous n’êtes responsables des prêtres pédophiles aux USA ou en Europe !
19 novembre 2009
moha a dit :
Merci à l’anonyme pour son intervention , et surtout la parie concernant le mouvement des indigènes de la république ! franchement je ne savais pas que ce mouvement est d’obédience marxiste et anti religieux ! A partir de maintenant ma position vis à vis de ce mouvement va changer ! Comme quoi on peut être trompé même par les siens !!!
19 novembre 2009
Reno le Dhimmi a dit :

Amazone, l’Islam progresse... Retirez quand même certaines choses un peu "gênantes" de votre religion. Loubna Hussein, journaliste soudanaise, vient d’arriver en France. Pour ceux et celles qui évitent de se renseigner, elle a été condamnée à un mois de prison et à je ne sais plus combien de coups de fouet... pour avoir porté en public un pantalon.

Elle a été arrêtée en plein restaurant à Karthoum, avec une dizaine d’autres femmes vêtues de la même façon scandaleuse qui fait tourner la tête aux hommes et les détourne de la prière...

Heureusement celles-ci ont reçu leur punition et ont même signé des excuses. Seule Loubna Hussein n’a pas accepté son sort.

On ose à peine penser au scandale si des femmes emburkanées avaient ici subi ne serait-ce qu’un dixième de la "punition".

Nous nous réjouissons de cette progression de l’Islam, qui ne peut que nous apporter plus de liberté et plus de tolérance. Nous avons beaucoup à apprendre de vous.

19 novembre 2009
adapa a dit :

Le conservatisme des organisations musulmanes sur les questions des valeurs (famille, homosexualité, etc.) sont encore en phases avec des valeurs européennes : celle de la droite chrétienne et/ou conservatrice.

Oui enfin le conservatisme n’est aps une valeur européenne, c’est une valeur héritée des sociétés religieuses anciennes, qui donc ne sont pas typique de l’europe. Ce ne sont aps des valeurs européennes mas religieuses, car en fait les valeurs typiquement européennes, sont celles qui s’opposent à ces valeurs religieuses, et ce pourquoi les musulmans fondamentalistes vilipendent l’occident. Et c’est bien à cause de ces valeurs que l’islam en europe reçoit en europe des oppositions qui ne sont pas qu’identitaires.

De même que les frères musulamns ne sont pas porteurs de valeurs européennes mais de valeurs qui ont toujours existé dans le monde musulman et oriental en général, en plus de l’europe : l’autoritarisme, la concentration des pouvoir.

De même dire que le jihadiste fervent anti-impérialiste fait du radicalisme d’extrême gauche, c’est du gauchisme, le dihadiste, ne fait pas du radicalisme d’extrême gauche, mais pratique un radicalisme d’extrême droite où l’on combat les adversaires dominants qui ne partagent pas la même identité que "nous". Et ça ça existe depuis longtemps et hors d’europe.

18 novembre 2009
amazone a dit :
Oui jemerappelle, c’est un peu comme la démocratie ou encore les droits de l’homme, tous nos grands pays en parlent mais aucun n’appliquent ! Ah les Hommes ne changent décidement pas ! Faites ce que je dis pas ce que je fais !
18 novembre 2009
jemerappelle a dit :

Je reste sur ma faim quand même ; voilà une belle religion, valorisant les principes démocratiques, pourtant aucun pays musulman ne les applique.

C’est un peu comme le communisme, qui prônait la liberté mais dans un aucun pays communiste elle n’existait.

Alors je crois que la réponse est dans cette nouvelle langue, la novlangue décrite dans 1984 par George Orwell, la langue de bois aujourd’hui.

Le texte ci-dessus est un admirable exemple de la langue de bois.

18 novembre 2009

Excellente interview de Patrick Haenni. Sobre et toute en clarté. Une toute petite remarque concernant le passage suivant : "on recherche le « politique pur » comme le disait un ancien activiste et le passage au politique devient sécularisé (passage par les partis existants, mobilisation sur des identité politiques non expressément religieuses comme les Indigènes de la république en France)."

L’engagement politique national ou local en France et/ou en Europe, ne peut pas effectivement, être fondé sur un projet islamique, définit au niveau idéologique, s’adressant à une base collective (oumma européenne). Cet engagement ne peut être pensé islamiquement qu’à un niveau individuel et intentionnel (fondé sur une motivation et une intention à la fois religieuse et morale : défense du bien et poursuite de la justice). Le cadre idéologique, philosophique, culturel et politique de l’Europe (environnement sécularisé fondé sur les valeurs de laïcité, de l’individualisme, et sur un héritage culturel majoritairement chrétien) ne permet pas d’y développer un projet de politique explicitement islamique, fondé idéologiquement, qui soit précisément une alternative à l’ordre mondial.

Par contre, cet engagement politique et ce projet islamique sont possibles et même souhaitable, sur des questions internationales (Palestine, irak, tchétchénie...). Dans l’immédiat, aucune structure musulmane d’importance et de portée nationale, ne se sont positionnés, sur ce terrain. Elles restent à construire.

Enfin, sur les remarques de Patrick Haenni concernant l’engagement de militants musulmans dans des structures politiques non religieuses, telles que Les Indigènes de la République, une autre précision s’impose. Cet engagement s’avère en effet problématique, du point de vue de la cohérence idéologique de ces militants, étant donné que les IDR sont un mouvement fondé sur une pensée à la fois marxiste et tiers-mondiste (celle de Sadri Khiari et Saïd Bouamama), donc sur une tradition matérialiste, anti-religieuse et concevant le prisme religieux comme une aliénation et même un soutien objectif au développement de l’impérialisme libéral et occidental. Il est malheureux de constater que les communiqués appelant les musulmans, les noirs, les arabes à se révolter, constituent en fait une instrumentalisation de cette catégorie musulmane. Les IDR qui ambitionne de fonder un parti politique ont besoin de s’appuyer sur une base à la fois électorale et relayant leur discours. Cette base est définie socialement et la catégorie musulman devient une catégorie sociale. Cette catégorie est un enjeu pour les IDR qui s’efforcent de ne pas heurter ce public en n’affichant pas d’hostilité manifeste envers les références religieuses. C’est une posture stratégique qui tente de récupérer un public musulman dans le but d’accomplir un projet (marxiste, tiers-mondiste) qui, dans son essence, est anti-religieux. L’engagement de militants musulmans dans ces structures, s’expliquent avant toute chose par le fait qu’aucune autre structure n’existe et que les IDR luttent aussi contre le racisme, le néo-colonialisme et l’exclusion sociale, autant de maux évidemment condamnable. Le problème n’est pas ce combat, en soi légitime. Le problème est le projet idéologique qui motive ce combat et qui entre en conflit avec les références islamiques, tant sur le plan idéologique, religieux ou moral.

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