Wednesday 20 August 2008

De la contradiction dans la dynamique musulmane en France

Par Abdelaziz Chaambi, Youssef Girard
mardi 29 mai 2007

Dans le cadre du Forum Social des Quartiers Populaires qui aura lieu en Juin prochain, nous voulons poser la question des perspectives de la dynamique musulmane en France et de ses implications sociales et politiques (1). En effet, au-delà des débats sur la nature et l’origine des religions quant à leur nature humaine ou divine, on ne peut pas ignorer le rôle et l’impact de ces dernières sur les sociétés et leurs devenirs.

Le regard porté en général sur les religions en France est conditionné par l’histoire spécifique de ce pays, de sa lutte pour la laïcité et contre la domination de l’Eglise Catholique qui fut l’un des principaux soutient à la monarchie pendant des siècles. Le passé colonial et, plus loin encore, le passé esclavagiste et les croisades ont forgé des représentations et une attitude de rejet vis-à-vis de la religion des « Sarrasins » puis des « Indigènes », des « Fellagas » et de leurs descendants les « Islamistes » potentiels « terroristes », « exciseurs », « polygames », « antisémites », « violeurs » et « voileurs ».

Ce regard est singulier car lorsqu’il s’agit des autres religions, nous assistons à des jugements beaucoup plus nuancés, conciliants et parfois même admiratifs. Lorsqu’on évoque le combat du Mahatma Ghandi, la lutte du Dalaï Lama, celle de Dom Elder Camara et plus près de nous d’Hugo Chavez au Venezuela, ou de Lula au Brésil qui ont, tous, mené des combats en tant que croyants et pratiquants, la critique de la religion devient dans la bouche des détracteurs de l’Islam et des musulmans, compréhension, approbation lorsque ce n’est pas enthousiasme.

De l’« opium des peuples » en passant par le « refuge des opprimés et des égarés » ou les « manipulateurs et manipulé-es », l’Islam, en tant que religion des colonisés, a été perçu et abordé depuis plus d’un siècle de manière négative et en tentant de le qualifier de rétrograde, de barbare et pour le moins d’anti-progressiste.

Aujourd’hui, les responsables politiques français tentent de redéfinir l’identité nationale et même occidentale, en opposition avec l’Islam. Les musulmans sont considérés non comme des citoyens à part entière mais comme des citoyens entièrement à part, dont la loyauté est systématiquement mise en doute. Le musulman est devenu la nouvelle figure de « l’ennemi intérieur », le symbole de l’anti-France.

Certaines des critiques formulées à l’encontre des musulmans sont justifiées au regard de certaines pratiques traditionnelles, anté-islamiques, attribuées à l’Islam, justifiées parfois par des lectures figées, littéralistes des textes de référence, renforcées par un accaparement du pouvoir et une instrumentalisation des savants de l’Islam.

La mise en cause de la Choura(2) dès les premières décennies de l’Islam et l’instauration du système dynastique(3) qui ont usurpé le pouvoir durant treize siècles, ont conditionné les musulmans dans une culture peu ou anti-démocratique ; culture dont le colonialisme puis nos « dictateurs libérateurs » ont pris la relève afin de perpétuer les vases communicants en terme de dominations dont les pauvres et les femmes ont payé le prix fort et continuent d’être les principales victimes.

Ainsi, dès les premiers siècles de l’Islam, s’opposèrent deux lectures de la religion musulmane radicalement différentes :

 un « Islam des dominants » qui représentait la volonté d’imposer un Khalife et l’idéologie qu’élaborèrent et soutinrent les « oulémas du palais ». Dans cette perspective, l’Islam fut « instrumentalisé » par les pouvoirs et échappa aux masses musulmanes.

 un « Islam des dominés » qui représentait une volonté de délégitimer le pouvoir injuste et l’idéologie qui le soutenait. Défendu par des oulémas indépendants des pouvoirs en place, porteurs des idéaux des opprimés, cet Islam se voulait le vecteur de la contestation sociale et du désir de justice.

Pourtant, malgré les injustices, malgré les campagnes de dénigrement sur la scène internationale et nationale, malgré les dictateurs régnant dans le monde musulman, malgré la lutte idéologique menées par les nationaux-républicains assimilationnistes et leurs relais « exotiques », l’identification à l’Islam dans les banlieues françaises n’a fait que progresser.

L’accès au savoir, à la science et aux textes de référence n’est pas étranger à ce fait. Il ne fallait plus passer par un clergé, un Cheikh ou un Imam pour accéder au Livre.

Le souffle de la Nahda

Depuis la fin du XIXème siècle, un vent de renouveau a soufflé en terre d’Islam entraînant une relecture contextualisée des textes fondateurs. Ce retour sur soi était une nécessité pour un monde musulman acculé par l’avancée de l’Occident impérialiste qui s’imposait par sa supériorité technique, économique et militaire. La Nahda avait pour but de résister à l’impérialisme Occidental par la renaissance civilisationelle du monde musulman.

Des personnalités telles que l’Emir Abdelkader (1808-1883), Jamel ed-Dine Al Afghani (1838-1997), Mohammed Abdouh (1848-1905), Rachid Ridha (1865-1935), Chekib Arslan (1870-1946), Mohammed Iqbal (1877-1938), Saïd Nursi (1878-1960), Abd el-Hamid Ben Badis (1889-1940), Hassan Al Banna (1906-1949), Malek Bennabi (1905-1973) ou Ali Shariati (1933-1977)4, ont mené un double travail de relecture des textes fondateurs et une lutte idéologique, intellectuelle et politique. Certains tels Omar Mokhtar (1862-1931) en Libye, Abdelkrim El Khattabi 1882-1963) au Maroc, Izz al-Din al-Qassam (1882-1935) en Palestine, Mostafa Ben Boulaïd (1917-1956) et Larbi Ben M’hidi (1923-1957) en Algérie, ont pris les armes pour la libération de leurs esprits et de leurs pays.

Leurs relectures des sources islamiques ont combattu l’idée de fatalisme, de soumission à l’ordre établi et aux injustices au nom de leur foi. Ces relectures de l’Islam se firent dans une triple dimension : premièrement, une politique offensive de lutte anti-impérialiste et de renaissance civilisationelle du monde musulman ; deuxièmement, une relecture des textes normatifs dans un sens novateur en liaison avec leur environnement social ; troisièmement, une spiritualité profonde et intime.

Ces hommes ont prôné une spiritualité engagée dans le monde. Ils ont mis en avant les finalités des textes normatifs qu’ils ont cherché à comprendre dans la perspective d’une action émancipatrice.

Le colonialisme Occidental, français, italien et anglais en particulier, a mené une guerre sans merci à ces mouvements et ces personnalités car ils ont alimenté sur tous les plans les luttes de libération nationale dans les pays musulmans. Ils ont donné une justification religieuse aux mouvements de libération nationale permettant des soulèvements et des engagements populaires de grande ampleur.

En Algérie, l’administration française a mené une politique de dépersonnalisation et d’assimilation qui s’attaqua prioritairement à la langue arabe et à l’Islam. Durant cent trente deux ans, la France ne s’est pas contentée de s’accaparer les terres, d’asservir les hommes, de mutiler les corps, elle a aussi violé les consciences. Les forces d’occupation sont allées jusqu’à organiser le pèlerinage à la Mecque et à faire surveiller les pèlerins pour prévenir les relations entre les militants nationalistes de différents pays arabo-musulmans.

En effet, les autorités coloniales cherchaient à couper les peuples du Maghreb et d’Afrique subsaharienne du reste du monde musulman afin qu’ils ne soient pas « contaminés » par les idées subversives de la Nahda. Un maraboutisme dévoyé, nouvelle version de « l’Islam des dominants », est, bien souvent, venu donner sa caution spirituelle à cette politique d’asservissement.

Islam et immigration

Revenir sur la Nahda et sur l’histoire de la colonisation est indispensable si nous voulons avoir une juste compréhension de la dynamique musulmane en France. En effet, l’histoire de l’Islam dans l’hexagone est liée à l’histoire de l’immigration ; immigration qui, comme l’a montré Abdelmalek Sayad, est une conséquence directe de la colonisation.

L’Islam est arrivé en France dans les « valises » des premiers immigrés maghrébins au début du XX siècle. Dès les premières années, la question de la pratique de leur religion se posa pour ces immigrés. Comment pratiquer sa religion dans une société ou l’Islam était totalement étranger ?

Rapidement les pionniers de l’immigration s’organisèrent afin de pratiquer leur religion. Déjà dans les années vingt, ils commencèrent à demander l’ouverture de lieu de culte dans les usines(5).

A la même époque, ces pionniers de l’immigration commencèrent à se politiser au contact du mouvement ouvrier en général et du Parti Communiste Français en particulier. Pour ceux qui fondèrent l’Etoile Nord Africaine au milieu des années vingt et pour ceux qui les rejoigninrent par la suite, l’Islam fut l’une des causes de leur rupture avec la gauche communiste. Evoquant cette rupture entre les nationalistes révolutionnaires Algériens et les communistes Français, Belkacem Radjef rappelait : « Nous parlions d’Islam, ce qui déplaisait aux communistes. Plus que jamais, il fallait que nous comptions sur nous-même et sur nos propres moyens »(6).

De son côté, au milieu des années trente, le Cheikh Abd el-Hamid Ben Badis, alors président de l’Association des Oulémas, délégua le Cheikh Foudil el-Ourthilani en France. Ce dernier créa à Paris le Nadi Tahdhib (Cercle d’Education) et ouvrit une vingtaine de cercles dans les principales villes de province. Chaque cercle possédait une salle de prière, une salle de conférence et un espace « détente » ou les travailleurs immigrés pouvaient se rencontrer. Au sein des cercles des cours d’alphabétisation en arabe et en français étaient dispensés(7). Certains nationalistes révolutionnaires, tel Mohammed Si Djilani et Ahmed Belghoul qui étaient respectivement président et vice-président de Cercle d’Education, participèrent activement à l’action de l’Association des Oulémas en France.

Les militants étoilistes puis PPA s’investirent, eux aussi, dans l’éducation islamique. Ils fondèrent des médersas en France, comme celle d’el-Hayat à Clichy ou celle de « La culture arabe » à Asnières, afin de répondre aux besoins spirituels et culturels des immigrés.

Les nationalistes révolutionnaires étoilo-PPA et les réformateurs Oulémas, en la personne de Belkacem Radjef et du Cheikh Foudil el-Ourthilani, s’unirent pour demander le départ de Kaddour Bengharbrit qui était le représentant servile de « l’Islam officiel », et dont ils contestèrent les compétences comme recteur de la Mosquée de Paris.

Après la parenthèse de la seconde guerre mondiale, l’Associations de Oulémas reprit son activité en France auprès des travailleurs immigrés. Avec l’aide du musulman Malgache d’origine indienne, Mahmoud Abdelghafour, les Oulémas continuèrent leur travail d’éducation afin que les immigrés ne soient pas coupés de la spiritualité islamique.

A la même époque, les militants du PPA-MTLD s’attachaient, eux aussi, à préserver l’identité islamique des travailleurs immigrés. Ainsi, l’ouverture de lieux de culte dans les usines faisait partie des plate-formes de revendications des nationalistes syndicalistes du PPA-MTLD, comme Safi Boudissa qui obtint une salle de prière aux usines Peugeot de Sochaux en 1948.

La guerre d’Algérie et la répression menée en France contre les travailleurs immigrés, marquèrent une coupure dans l’engagement cultuel et culturel des Oulémas et des nationalistes révolutionnaires. Pour eux la priorité était, à cette époque, le soutien à la lutte de libération nationale de l’Algérie.

Après 1962, nombre de cadres Oulémas et nationalistes révolutionnaires rentrèrent en Algérie pour reconstruire leur pays après cent trente deux ans d’occupation française. Certains anciens militants du MNA8 qui ne pouvaient rentrer en Algérie, reprirent leur action d’éducation islamique après l’indépendance.

A partir des années soixante, le Tabligh reprit l’action d’éducation islamique en direction des travailleurs immigrés mais dans un sens uniquement quiétiste et apolitique. Sous l’impulsion de ce mouvement des salles de prières furent ouvertes dans les usines et les foyers de travailleurs. Dans ces foyers les salles de prières représentaient, souvent, un lieu de dignité et de spiritualité pour des hommes dont la vie était particulièrement difficile.

L’Islam de la « deuxième génération »

L’Islam fut transmis aux enfants d’immigrés par deux canaux principaux : leurs parents et des étudiants Maghrébins venus finir leurs études en Europe.

Les parents transmirent, le plus souvent, un Islam simple et populaire, expression de la spiritualité du quotidien. Les fêtes de l’Aïd, le Ramadan ou la prière rythmèrent la vie de nombreuses familles durant des années. De fait, on ne soulignera jamais assez l’importance de cet Islam familial dans la socialisation des futurs acteurs de la dynamique musulmane en France(9).

Désirant approfondir cet héritage culturel et religieux, certains d’entre nous cherchèrent à en savoir plus sur la spiritualité et les finalités de ces pratiques religieuses. La littérature étant relativement réduite, nous avons sollicité les étudiants arabes qui vivaient dans nos quartiers et fréquentaient nos mosquées.

Nous avons été très rapidement confrontés à des difficultés liées d’abord à la langue arabe que nous ne maîtrisions pas et le français que ces étudiants maîtrisaient peu ou mal. Nous avons exigé la francisation des prêches, des cours, des interventions dans les mosquées et les associations. Puis nous avons été confrontés à d’autres difficultés liées à la mentalité et au contexte culturel dans lequel nous avions grandi et que ces étudiants et nos parents méconnaissaient.

A Lyon, les membres fondateurs de l’Union des Jeunes Musulmans (10) ont ressenti le besoin d’ouvrir une bibliothèque spécialisée sur l’Islam puis une librairie et enfin la maison d’édition Tawhid , afin de produire et traduire les ouvrages de bases nécessaires à une bonne compréhension de nos référents religieux. Dès 1988, nous fondions un centre culturel et social qui se voulait le trait d’union, ou l’espace de transition, entre la rue et la mosquée, ce qui permit à des centaines de jeunes garçons et filles de venir sans appréhension et sans barrière, découvrir la littérature musulmane ou discuter avec les militants-tes sans tabous.

Après avoir nous-mêmes été « abreuvés » dans le domaine religieux par les étudiants Maghrébins, nous avons commencé à diffuser un Islam en phase avec son environnement social : par l’organisation de conférences, de tables rondes, de congrès et de diffusion de cassettes et de livres en Français.

La particularité de cet Islam en phase avec son environnement social résidait dans le fait qu’il se voulait progressiste, anti-impérialiste et engagé socialement. Il s’agissait pour nous de vivre notre action politique éclairée ou animée par notre spiritualité. C’est donc un Islam militant que nous avons prôné qui se voulait un vecteur de changements dans les faits sociaux et les identités.

La dynamique musulmane en France

Le début des années quatre-vingt, ainsi que la suite et les conséquences de la Marche pour l’Egalité de 1983, constituèrent un tournant important dans la construction et l’affirmation identitaires des musulmans de France. Les revendications politiques et civiques non entendues et instrumentalisées par les dirigeants politique français, s’enrichirent d’une dimension spirituelle et religieuse. A partir de là, émergea une nouvelle catégorie de militants d’obédience musulmane sur la scène française.

La possibilité de créer des associations loi 1901 à partir de 1981 pour les étrangers, fit émerger des centaines d’associations dites musulmanes dont la très grande majorité fut le fait de nos parents, pour créer ou gérer leurs lieux de culte, ou des amicales liées aux pays d’origine. Celles que nous pourrions qualifier de « franco-françaises » choisirent, le plus souvent, de camoufler leur islamité afin de bénéficier de subventions et de reconnaissances.

Parmi les associations qui ont choisi d’assumer et de revendiquer leur identité musulmane nous pouvons distinguer deux catégories :

 celles qui ont des liens idéologiques, organiques ou financiers avec l’étranger, animées principalement par des étudiants, des réfugiés politiques de travailleurs immigrés, et certains « sous-marins » des pays d’origine.

 celles, à l’image de l’UJM à Lyon, qui ont choisi, l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques d’ici et de là-bas, vis-à-vis des organisations liées aux pays d’origines, et forts de leurs parcours de militants ou d’habitants des quartiers populaires.

Ces spécificités, et les vécus des uns et des autres, ont entraîné des postures politiques, psychologiques et culturelles différentes et parfois antagonistes. Le rapport au pouvoir et aux autorités publiques étaient différents et ont entraîné un travail militant bipolaire.

D’un côté cela a abouti à la création d’organisations ou fédérations institutionnelles dont le souci principal fut la course à l’occupation du terrain, la représentativité de l’Islam de France et la notabilité. Pour ces organisations, cet engagement institutionnel s’est conclu par la création du Conseil Français du Culte Musulman en 2003, avec son lot d’exigences, de servilités de luttes d’influences et de calculs de boutiquiers.

De l’autre côté des associations indépendantes et des individus, non inféodées aux pays d’origines et aux structures institutionnelles, ont développé une posture plus militante et engagée en phase avec les réalités des quartiers populaires. Issues de ces quartiers, ils partagent les revendications légitimes de leurs habitants, en évitant de les limiter aux revendications purement cultuelles et communautaires.

C’est ainsi que nous avons vu se développer un partenariat entre ces associations musulmanes indépendantes et d’autres moins ou pas religieuses, ainsi qu’avec le mouvement social et les mouvements progressistes, antiracistes et altermondialistes. C’est ainsi que nous avons vu des mouvements comme le CMF (Collectif des Musulmans de France) s’investir auprès du mouvement social, avec d’autres acteurs des banlieues tels que le MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues) ou DiverCité. C’est à travers la diversité de ces collectifs que furent investis le FSE (Forum Social Européen), l’Anti-G8 ou le rassemblement alter-mondialiste du Larzac...

D’un autre coté, devant les réalités sociales et politiques, les organisations musulmanes institutionnelles se sont orientées depuis le début des années quatre vingt dix vers les jeunes musulmans. Ces organisations se sont appliquées à orienter leurs préoccupations dans un sens uniquement religieux, dépolitisant ainsi un nombre important de jeunes musulmans. Au final, ces organisations ont « formatés » des jeunes qui ont intégré la même vision du type de société, et le même type de rapport à l’autorité et au pouvoir que ces grands frères du Bled.

Ainsi, nous avons vu émerger en France un « Islam progressiste » et un « Islam conservateur », un « Islam populaire » et un « Islam bourgeois », un « Islam des dominés » et un « Islam des dominants ».

L’engagement des « Frères Musulmans » dans un certain nombre de gouvernements de pays, appartenant à « l’axe du bien » de George Bush, montre clairement leur choix de société, de rapports au pouvoir et de relations entre les peuples. Ces choix ne seront jamais les nôtres.

Quel avenir pour la dynamique musulmane en France ?

La mise en place du Forum Social des Quartiers Populaires les 22 23 et 24 Juin 2007 à Saint Denis devrait nous permettre de revisiter cette histoire, d’en tirer des leçons et de mieux construire notre avenir.

Nous devons profiter de ces moments de débats et d’échanges pour réfléchir sur la nécessité et les moyens de défendre notre indépendance vis-à-vis du pouvoir politique d’ici et d’ailleurs, et vis-à-vis des apprentis sorciers de tous genres qui voudraient instrumentaliser l’Islam de France pour des carrières personnelles, ou pour précipiter le choc des civilisations.

Ce forum sera également l’occasion de faire le bilan sur les différents partenariats que nous avons développé ces dernières années, et sur la nécessité impérieuse de nous organiser (avec d’autres) politiquement pour mettre fin à l’islamophobie, devenue un véritable sport national.

L’amélioration de notre sort et celui de nos semblables passe par la décommunautarisation de nos revendications et de nos luttes. Les combats menés sur les questions de lieux de culte, du foulard ou d’autres actes islamophobes nous ont été imposés par une classe politique qui a instrumentalisé ces questions pour camoufler son incapacité à répondre aux véritables problèmes de notre société, et nous a imposé un calendrier de mobilisations pour mieux nous épuiser.

Nous sommes persuadés que la véritable solution à nos difficultés passe par l’investissement du champ politique en hommes et femmes libres, animés par des valeurs de justice sociale, de dignité, d’égalité et de véritable fraternité.

Notes :

1 http://fsqp.free.fr/

2 Concertation, mode de désignation des responsables et de gestion du pouvoir.

3 Omeyyades, Abbassides, Fatimides, Ayyoubides, Mamelouks et Ottomans.

4 Cf. Abdel-Malek Anouar, Anthologie de la littérature arabe contemporaine, Ed. Seuil, Paris, 1965 ; Sahli Mohammed Chérif, Abdelkader chevalier de la foi, Nahda, 1953 Merad Ali, Le réformisme musulman en Algérie de 1925 à 1940. Essai d’histoire religieuse et sociale, Paris, Mouton, 1967 ; Pakman Homa, Djamal ed-Din Assad Abadi dit Afghani, Maisonneuve et Larose, Paris, 1969 ; Ramadan Tariq, Aux sources du renouveau musulman. D’al-Afghani à Hassan al-Banna un siècle de réformisme islamique, Bayard, Paris, 1998 ; Bennabi Malek, Vocation de l’islam, al-Bouraq, Paris 2006

5 Genty Jean-René, L’immigration algérienne dans le Nord Pas de Calais 1909-1962, L’Harmattan, 1999

6 Ben Khedda Benyoucef, Les origines du premier Novembre 1954, ECNERMNR, 2004

7 Sur l’activité des Oulémas en France Cf. Sellam Sadek, La France et ses musulmans : Un siècle de politique musulmane (1895-2005), Fayard, 2006

8 Mouvement National Algérien : organisation messaliste rivale du FLN durant la guerre d’Algérie.

9 Certains islamo-politologues désignent ces acteurs sous le nom de « ré-islamisé ». Ils éludent par là l’héritage transmis par les parents dont on nie ainsi la capacité à transmettre des valeurs.

10 Youssef Girard signataire du texte n’est pas lié à l’histoire de l’UJM.

Abdelaziz Chaambi

Membre fondateur de Divercité. Il est également membre du Collectif des Musulmans de France et de la commission Islam et Laïcité.

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Youssef Girard

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par MO - le 5 juin 2007

Une certaine dose de contradiction est, à mon avis en tout cas, le meilleur moyen de préserver un avenir ouvert aux musulmans.

Et si je suis d’accord avec la nécessité de l’engagement politique, je pense que c’est avec des musulmans dans "presque" tous les partis que ce sera utile. Pas avec l’illusion que les musulmans sont animés de valeurs tellement rare qu’ils n’ont qu’une voie à suivre en politique

Ce n’est qu’un avis personnel, mais je ne crois pas que la "stratégie" de marxisation (dominants/dominés ; victimes/bourreaux), si elle est la seule qui anime la communauté, produira quelquechose de bon...

En fait je pense même le contraire, et de ce que j’ai pu contater, "l’islam" est plus utile à cette ideologie mourante qu’elle ne lui est utile (je ne parle que de l’Europe). quand je vois certaines "unions", j’ai vraiment l’impression de servir de fond de commerce inespéré...

C’est sur que c’est agréable pour les "ego" d’être la perpétuelle victime, le toujours incompris etc... mais ce n’est certainement pas le chemin d’une identité et d’une pratique sereine et digne.

je crois plus à la devise "aide toi, dieu t’aidera", que "lamente toi, le communisme t’aidera".

Je dois être un "vieux" qui garde le souvenir de l’URSS (ou du PCF de l’époque).

Mais comme me disait mon grand-père "c’est plus facile de se plaindre que de se vaincre" .

Et à ce titre, je ne suis pas si optimiste sur les nouvelles générations, qui ont souvent la bouche pleine de "incha Allah", "sur le Coran" , "halal", "haram" etc... mais ttrès malheureusement souvent pas grand chose d’autres (pas toujours, nous avons bien sur des jeunes plein de talents et de droiture)

Mais cette opinion n’enlève rien à la qualité de cet article, et je remerice les auteurs.

Par John Mullen - le 3 juin 2007
Merci pour l’exposé très instructif. John Mullen
Par msawri - le 2 juin 2007
Tout ce que je viens de lire dans cet excellent exposé et sur les commentaires ci-dessus a transformé complétement ma manière de voir et mes réflexions sur les musulmans d’aujourd’hui dont je fais bien sûr partie. J’ai écouté et lu beaucoup. Mes connaissances sont décousus, mal charpentés, le tout représente un véritable bouillon. Une analyse simple, concise vient de remettre tout en ordre dans mon esprit. C’est à partir de ce jour que je vais mieux apprécier vos articles étant doté des précisions qui me manquaient. Parmi les messages que je viens de lire celle de Fabienne m’a fort impressionné. C’est un remarquable conseil pôur l’ esprit d’équipe et l’aspiration à une union qui, contre monts et marées finira par éclore. Toujours espérer.
le 1er juin 2007
Le prophète MUHAMMAD Que la paix et le salut de DIEU soit sur Lui disait Entre Musulmans il n’y a pas de Race… et tous ce qu’on entend aujourd’hui c’est moi je suis Algerien, moi je suis Kabyle, moi socialiste, moi je suis Sarkozyste, moi Bayouriste, moi communiste… Un jour comme ça on me demanda de quel nationalité etes-vous. Je repondis presque instinctivement laquelle vous ferait plaisir… Elle se mit a rire… Nous devons faire Qu’un tous les muslims de la planète, nous pourrions gouverner le monde avec les valeurs de l’ISLAM et nous en sommes encore a émmigrer clandestinement chez pierre paul jacques… Regader ce que dit sarkosy Il ne veut pas de la Turquie parcequ’elle est musulmane… Amalgame pur et simple puisque l’ISLAM n’est elle pas une religion… Mais pour sarkosy et certains que l’on connait tous cest une nationalité dixit sarko sur la Turquie… Mais savez vous qu’entre musulmans de differents pays il n’y a aucun respect pour son prochain Alors ?? il n’ont aucun comportement musulmans… Tous ces nationalistes…
Par Abdelaziz Chaambi - le 31 mai 2007

Pour précision,

L’UJM a été invité par Jean Pierre Chevènement pour participer à la formation du CFCM en 1999. Nous avons refusé de nous inscrire dans cette démarche car elle ne correspondait pas à la philosophie de l’action que nous menons.

le 30 mai 2007

Salam

L’équation suivante semble être une fatalité pour nos auteurs :

Islam des blédards = retrograde

Islam des "nés ici" (donc vrais Français) = progressiste.

... Est-ce le cas, ou c’est moi qui comprends mal ?

Si c’est le cas, alors je me demande si les "nés ici et donc nécessairement progressites" ne sont pas comme la majorité de leurs compatriotes : culturellement arrogants !

Bien sûr, j’ai bien noté que vous incluez parmi les "rétrogrades" certains "nés ici" mais, nuance importante, formatés par les blédards.

Alors, la question est : et les "progressistes", qui les a formatés ? La gauche !

Dans ce cas, offrons en sous-traitance à la gauche la mosquée de Paris et, pourquoi, le CMF.

Je commence à croire que le discours dit citoyen, des pro-Ramadan, est tellement désincarné qu’il risque de devenir plus dangereux que le piétisme du Tabligh.

Aziz

Par Fabienne - le 30 mai 2007

Je me permets d’intervenir sur ce forum et de vous livrer la réaction du regard extérieur qui est le mien.

La différence est une richesse, à condition de vouloir et de savoir conjuguer harmonieusement la diversité des courants de pensée, des profils, des talents qui composent la communauté musulmane française d’aujourd’hui. Cette diversité est une force, qui peut très vite devenir une faille.

Pour tout citoyen français sensibilisé à la question de l’islam dans l’Hexagone, à son statut, à sa méconnaissance, ou plutôt à sa connaissance stéréotypée et partiale, à son adaptabilité et sa compatibilité avec une société sécularisée, car tels sont les vrais enjeux des controverses passionnelles qui agitent la classe politique et l’intelligentsia, l’émergence au sein de la communauté de volontés citoyennes actives, de tous âges, désireuses d’ouvrir un débat interne critique, tout en prônant le dialogue avec l’ensemble de la société civile, notamment sur des points dits sensibles, sont là les signes d’une indéniable vitalité et d’un renouveau des plus positifs, à stimuler, et non à décourager.

Le dénominateur commun de toute communauté réside dans les inéluctables divergences de vue, d’attentes, d’aspirations, d’évolutions qui caractérisent les partisans, les fidèles et qui débouchent régulièrement sur des divisions intestines irréversibles. Seule une démarche volontariste de rassemblement parviendra à unifier et à homogénéiser ces disparités, tout en respectant et en capitalisant les spécificités les plus porteuses de chaque grande composante spirituelle, sociale, politique...

Un immense chantier s’ouvre devant vous, notamment en terme de communication à la fois de proximité afin de fédérer les citoyens musulmans en premier lieu, mais aussi d’image en véhiculant de nouveaux messages, pédagogiques entre autres, sur l’islam et les musulmans, auprès du plus grand nombre.

S’atteler à changer les mentalités est une tâche ardue, de longue haleine, presque une gageure, mais en tant que démocrate, je ne peux que vous encourager dans la voie du dialogue avec l’ensemble de vos concitoyens, en espérant que des relais d’opinion importants puissent vous accompagner dans ce cheminement et faciliter cette nécessaire ouverture.

Par A bonne entendeur salam... - le 30 mai 2007

"...des mouvements comme le CMF (Collectif des Musulmans de France) s’investir auprès du mouvement social, avec d’autres acteurs des banlieues tels que le MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues) ou DiverCité. "

Il y en marre de ces discours théoriques qui ne font que accentuer les fractures dans la communauté...

Le CMF et d’autres s’engages dans l’ouverture à des mouvements d’extremes gauche...et il veulent embarquer tous les musulmans dans ce sens.

Mais ces mouvements oublies et négligent complètement la cohésion et la fraternité de la communauté musulmane. Aucune energie n’est déployée pour rencontrer leur soeurs et leurs frères qui ne pensent pas forcément comme eux. Il n’arrive pas à imaginer que l’on puissent voir les choses différement selon nos horizons. Ils parviennent à faire des concessions avec les autres et pas avec leurs soeurs et frères.

Aujourd’hui les cadres de ces mouvements sont écorchés par les épreuves de la société et de la lutte à peine voilé contre les musulmans.

Mais cette posture passionnelle n’aidera pas les musulmans à évoluer sereinement.

Alors Il faut :

1-Mettre en place des espaces de rencontre et dialogue pour rapprocher les points de vues. 2-Etablir un SMIC minimum de point d’accord 3-Accépter que toutes les composantes de la communauté ont des idéees. Aussi bien les femmes que les hommes, les musulmans immigrés ou d’origines immigrés, des musulmans convertis ...

4-Accépter que la communauté ce sont des jeunes et moins jeunes. Les jeunes d’aujourd’hui seront les anciens de demain. Il faut donc apprendre à composer avec ces différences de génération...

A bonne entendeur salam...

Par ahmad - le 29 mai 2007

salam

quand on lis ça:L’amélioration de notre sort et celui de nos semblables passe par la décommunautarisation de nos revendications et de nos luttes. Les combats menés sur les questions de lieux de culte, du foulard ou d’autres actes islamophobes nous ont été imposés par une classe politique qui a instrumentalisé ces questions pour camoufler son incapacité à répondre aux véritables problèmes de notre société, et nous a imposé un calendrier de mobilisations pour mieux nous épuiser. on peut quand mème dire que c’est facile de dire que c’est la classe politique, qui à empecher de parler d’autre sujet, que le foulard et de l’islamophobie. la réalité, aujourd’hui, c’est qu’il y a chez certains, de ceux qui se réclame du terrain,un autisme du terrain, des musulmans de la fac, au regard condescendant, qui regarde la société à coups de sociologie, et de parole de chercheurs, de doctorant mais dans le mème temps, bien loin de la parole des gens, de leur écoute. On parle de l’universel,mais ou est l’agir en cela, ou sont les débats et les reflexions, sur les thèmes sociétale, et internationales. OU sont les thème sur une vision de société, projet de société. Sur le social, l’économie éficiente, juste et solidaire, le logment, le travail,les salaires Sur la question de la dstraction, du jeu, du rapport a la nature, de l’écologie. Sur une lutte des injustes, et des discriminations qui dépasse, celle des origines, des éthnies. Sur l’histoire, qui dépasse, les sujet de l’esclavagisme, et de la colonisation. Sur la nature humaine, sur les qualités, sur les sentiments, une spiritualité qui ne parle pas de ça, est une spirirtualité qui n’est pas celle dont parle les textes de l’islam, il faudra un jour dépasser, cette spiritualité, que l’on enferme, dans des état du coeur,qui certes sont présents, mais dont l’islam n’a jamais isolé de la globalité de l’etre humans. Parler de l’etre d’allah, de sa révélation, c’est quand mème incroyable, que le discours sur le coran, sot aussi bas aujourd’hui, voir absent, voir les philosophies traiter de tout les sujets, et voir ce que l’on fait avec le coran, est une honte On peut se dédouner en prétextant, des instrumentalisation, de la classe politique, la réalité,c ’est notre paresse, et absence sur bien des sujets, dont nos propres sources. Encore faudrait-il que ceux qui vont faire des dialogues intereligieux ou de partenariats de partout, commencent à dialoguer avec leur communauté, avec leur jeunesse. Question de clairvoyance, question de confiance

Allahou Alam wallahou mousta ane

salam

Par Shana - le 29 mai 2007
Chaque musulman qui réside à l’étranger est acteur de sa propre transformation en s’adaptant au pays d’accueil.Pour les musulmans européens ou français leur pratique est forcément inluencée par leur culture européenne.L’innovation viendra de cette transformation et de l’apport enrichissant et novateur des convertis.
Par houd 93 - le 29 mai 2007
A celui qui n’a pas de pseudo . Tu ne peux pas dire que l’islam est rester figé pendant 14 siecles les premiers siecles de l’islam ont vu de grandes figures (abou hanifa, chafi’i, malik,ghazali etc....) qui ont donnés dans leur contexte et a leur epoque une vrai dynamique au niveau juridique , social etc.. Ils etaient en phase avec le message de l’islam c’est aprés que les choses ce sont figés . Le mouvement nahda s’inscrit dans cette continuité !!! Je te conseil un livre du docteur said Ramadan "la sharia son envergure et son equité" si tu ne peux te le procurer je te donne le mien volontier !!
Par Amazone - le 29 mai 2007
Tout à fait d’accord avec l’intervention de Christophe. Faut-il sans arrêt remettre en cause notre religion pour qu’enfin nous soyons acceptés et reconnus. Alors si c’est ce que nous voulons il ne nous reste plus qu’à inventer une autre religion qui satisfasse tous nos detracteurs. Une religion à la sauce européano-musulmano- française par exemple. Ne voyons nous pas que même les Français de "souche" convertis à l’islam se retrouvent devoir pratiquer leur religion en cachette pour ne pas être rejeter par la république, celle là même qui est censée protéger les minorités ?
Par Ideal - le 29 mai 2007
Intervention de la personne qui n’a pas laissé son nom mais qui parle de "ceux qui sont avant tout Français". Je souhaiterai seulement souligner que les jeunes musulmans Français (d’origine arabe, turque...) ne peuvent être pleinement Français s’ils ne sont pas accepter pleinement à savoir avec leur religion et dans ce cas précis en tant que musulmans aussi. La religion musulmane fait partie intergrante de leur personnalité, d’où il est actuellement important qu’ils sachent se positionner dans la socièté française en tant que français mais aussi en tant que musulmans, avant tout. Car c’est bien le fait qu’ils soient musulmans qui semblent freiner leur épanouissement dans la socièté Française. S’ils avaient été chretiens la donne auraient été totalement différente. Une fois accepté PAR LA SOCIETE dans laquelle ils vivent, comme ayant une autre foi que le christianisme alors ils pourront organiser leurs avenir, l’éducation de leurs enfants et tout le reste.
le 29 mai 2007
En reponse a merouane . Le fait d’accepter les differences de l’autre n’a rien de moderne en islam vu que la liberté de choix est un fondement essensiel en islam.( a ce sujet je te conseil la conférence d’hassen iquioussen islam paix et tolérence ). Deuxiéme point Il vrai qu’il y a des ressemblance entre la democratie et l’islam surtout en ce qui concerne le choix du gouverneur ou la liberté d’expression tant qu’on offense pas les valeurs de l’autres mais il y a aussi des divergences . Merouane ton exposé montre bien qu’il n’y a pas besoin d’adjectif qualificatif derriere le mot islam (moderne ,liberal) car l’islam tel qu’enseigné par notre noble prophete renferme toutes ces vertus !!!
le 29 mai 2007

Réponse à houd93 L’islam moderne ou libéral est un islam qui n’est pas figé dans un passé mythologique, comme l’ont interprété et imposé les détenteurs de pouvoir dans le monde musulman pendant 14 siècles.

Ceux qui étudient l’islam de près aujourd’hui découvrent avec stupeur que beaucoup de choses qu’ils ont appris depuis leur enfance dans le cadre islamique relève beaucoup plus de traditions locales particulières que de la religion telle qu’elle fut enseignée au temps de la Révélation.

Pour prendre un raccourci qui n’est pas purement anecdotique : "L’islam n’interdit pas à la femme de conduire une voiture, quoi qu’en disent les oulémas saoudiens." De même, il n’interdit pas à la femme de jouir des mêmes droits que les hommes en matière d’éducation, de travail, d’exercice des fonctions les plus diverses, y compris les fonctions de diriger un gouvernement ou un Etat.

C’est ce que les penseurs islamiques essaient d’expliquer depuis plus d’un siècle, depuis le mouvement Nahda si vous voulez. Mais, il y a des courants rétrogrades qui luttent contre ce discours, et qu’on peut caricaturalement symboliser par les "talibans" en Afghanistan (qui ont leurs homologues dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie).

Donc, l’islam moderne n’est pas une innovation, en matière de religion, c’est une relecture de la religion qui essaie de la dépoussiérrer, de la dégager des traditions parfois obscurantistes, et de lui redonner la vitalité et l’ouverture d’esprit qu’elle avait au temps de la Révélation.

Par Merouane - le 29 mai 2007

Pour répondre à Houd 93, un islam moderne c’est : . « Il faut accepter l’autre tel qu’il est et tel qu’il veut être ». Si la foi est pour chacun une affaire personnelle et importante, elle n’est pas un obstacle à la relation humaine. L’essentiel réside dans la fidélité, conformément à l’étymologie du mot « foi » : « Dieu dit dans le Coran que la terre appartient à ses bons serviteurs, sans spécifier à quelle religion ils appartiennent »

Chacun de nous entre en relation avec le texte de la façon qu’il juge la meilleure » , et la démocratie n’est « pas autre chose que l’organisation de la délibération » : la démocratie, qui favorise le consensus par la loi commune, est non seulement compatible avec l’islam mais elle lui est aujourd’hui nécessaire. L’interprétation unique (souvent fallacieuse) du Coran et la démocratie s’excluent mutuellement.

« On ne trouve ni dans le Coran, ni dans la sunna rien qui s’oppose à la démocratie » . Pourtant, « il n’y a jamais eu vraiment de démocratie dans la culture islamique, (même si) la chûra (concertation) oblige celui qui exerce le pouvoir à prendre conseil »

le 29 mai 2007

Excellent texte de présentation de nombreuses questions importantes dans la vie des musulmans de France.

Il ne faut pas que les musulmans se retrouvent constamment et uniquement préoccupés par des questions de religion. La vie comporte d’autres choses importantes dont ils doivent se préoccuper : leur présent et leur avenir, et celui de leurs enfants, sur les plans politique, économique, et social par exemple. Ils sont avant tout des citoyens français à part entière (pour ceux qui sont français) et ils ont des problèmes importants qui les concernent, en dehors de la simple question religieuse : formation, éducation, santé, logement, emploi, etc. Les cités où nombre d’entre eux vivent ont aussi leurs problèmes, qu’il s’agit de bien poser pour les résoudre.

Ils ne doivent donc pas se laisser marginaliser et réduire à leur simple identité religieuse. Ils doivent se préoccuper de tous les aspects de leur vie quotidienne en France.

Par Nadjib - le 29 mai 2007

Je remercie les auteurs de ce texte qui met parfaitement en évidence que le phénomène associatif musulman n’est pas né ex nihilo dans les années 80.

Il convenait de restituer la vérité historique, et cela a été fait, ce n’est justice rendu à la mémoire de nos parents et grands parents immigrés qui ont conservé ce lien fusionnel avec leurs patrimoines religieux et culturels, ce patrimoine de combat face à la dépersonnalisation coloniale.

Ce texte était nécessaire pour ainsi casser le discours dominant véhiculé par les acteurs des structures officielles de l’Islam (UOIF ...) qui à l’instar du personnel politique hexagonal, n’avaient que mépris pour le passif de l’histoire de l’immigration, en particulier pour l’image de l’immigré foyer sonachotra.

Un grand merci

Par houd 93 - le 29 mai 2007
Je vois a travers les differents messages des gens qui utilisent des termes qu’il ne comprennent meme pas comme :
— islam moderne
— islam liberale etc.... c’est quoi l’islam moderne ou l’islam liberal j’aimerais qu’on m’explique . !!!!
Par Christophe - le 29 mai 2007
Je voudrais me mêler à ce débat. Je ne suis pas musulman. Mais je pense en effet que chercher à adapter l’Islam à l’environement sociétal européen revient à créer un islam à la carte, un self islam où chacun irait puiser son inspiration et ses désirs. On vide donc l’islam de sa substance fondamentale qui est une religion qui reste fondamentalement attacher à la mise en place d’une législation régissant le mode en vie en société, aussi bien que pour l’individu. Bref pour faire court, l’adaptation que vous prônez n’est que la relégation de cette religion dans la sphère privée ( ce qu’exige la laïcité). Il n’ y a donc aucune adaptation, mais plutôt la reconnaissance d’une situation de minorité ou chancun doit se ranger sous la bannière de valeurs communes à savoir la République.
Par Roi_Philosophe - le 29 mai 2007

bonjour ;

Voltaire, est ce que vous pouvez nous dire ce que vous voulez changer dans l’islam.

il y a un seul islam( je veux dire la dogme) mais il ya une multitude de musulmans. il ya l’islam et les traditions qui se réclament de lui.

je reconnais que parmi toutes ces traditions,il y a celles qui sont à changer, mais "Voltaire" ne reconnais pas de Monsieur Islam, du moins l’islam sunnite.

donc si vous pouviez nous eclairer sur ce que vous voulez changez dans l’islam, on va essayer de notre part vous éclairer sur l’islam du moins comme on le comprends et on le connais. d’ailleurs, l’islam vous reconnais le droit ne pas être musulam.

cordialement , Amirouche

Par Ideal - le 29 mai 2007
Réponse à Voltaire. vous ecrivez dans votre intervention qu’ "Un Islam européen serait obligatoirement un Islam modernisé, revisé et adapté, car dans sa forme actuelle il est incompatible avec les valeurs occidentales - valeurs que l’Islam, à tort ou à raison, rejette" je ne crois aucunement que l’islam soit incompatible avec les valeurs occidentales, pas plus que ne l’ai le judaisme. . La pratique de l’islam dont vous faites allusion est celui que vous avez sans doute vu à travers le prisme des médias et des emissions de la catégorie d’envoyé spécial et j’en passe. Cet islam que l’on vous donne à voir dans les médias et une vision faussée. Nous n’excisons pas nos enfants car l’excision n’est pas de l’ordre de l’islam mais de l’ordre de certaines cultures. Nous n’égorgeons pas les moutons dans les baignoires car nous disposons d’abattoir, nous ne marions pas nos filles de force, nous ne sommes pas des terroristes en puissance, et nous ne nous opposons aucunement aux valeurs republicaines pour les avoir appliquées bien avant l’occident, à l’époque du Prophète Mahomet. Ce que rejettent beaucoup de musulmans, c’est le rejet dont sont sujets les musulmans. Est ce que ce rejet fait aussi partie des valeurs occidentales ?
Par Un frère - le 29 mai 2007
Le balayage historique de ce papier est intéressant. Toutefois cher frère Abdelaziz Chaambi, nous sommes plusieurs militants de CMF à demander à ce que CMF ne participent pas au rassemblement de ce groupuscule qu’est le mouvement des indigènes qui fait peu de cas de l’Islam. Le groupuscule du « mouvement » des indigènes tente plutôt de détourner à son profit ( mais sans succès) le climat islamophobe pour orchestrer une mobilisation des sur le registre victimaire. Il est temps mon frère Abdelaziz que tu sois plus lucide.
le 29 mai 2007
Ce texte marque une évolution dans la pensée de CMF qui jusqu’à présent était proche de Tariq Ramadan. Abdelaziz Chaambi aurait-il découvert les vertus de l’islam moderne ? Tant mieux, si Chambi évolue vers un islam libéral.....
Par Franck Morellato - le 29 mai 2007

Salam a todos, Dans le monde de "l’intelligence", je me pose toujours quatre questions :

 Qui manipule ?

 Qui instrumentalise ?

 Qui contrôle ?

 Qui récupère ?

sachant que la vanité des Hommes fait que nombre de rouages se croient... alors qu’ils ne sont que les instruments de leurs propres illusions...

Si pour mes soeurs et frères juifs, "un seul Juste peut sauver l’Univers", je me dis que si Dieu permet encore à ce monde de fous d’exister, c’est qu’il y a des Femmes et des Hommes de bonne volonté qui s’efforcent, chaque jour, de l’équilibrer.

Encore faut-il leur faire échos...

Encore faut-il leur prêter attention et les aimer, pour leur donner la force de continuer à nous remettre en questions et nous élever vers plus de sagesse...

"Quand deux sages confrontent leurs idées, ils en produisent de meilleures".

Alors à vos idées citoyennes et citoyens musulmans de France ! Car comme l’écrit si bien, notre frère, Yassine, dans ce forum :

"la conviction que l’Europe –par son cadre politique laïc et son rôle dans l’édification d’une culture mondiale de la paix et du dialogue– est le lieu privilégié où l’islam peut trouver une nouvelle conscience de lui-même."

Take care all,

Salam, Paix, Peace, Paz, Shalom,

Franck Morellato, alias El French Muslim Rover (EFMR) from Lyon (France)

Par Papolitikmencorekt - le 29 mai 2007
Vous dites :"L’islamophobie est devenu un sport national"C’est en partie vrai,dans le sens ou c’est un sport orchestré principalement par une catégorie "d’intellectuels",de politiques et des médias dits dominants.C’est pour cette raison que bien des musulmans disent que leur enfer ce n’est pas les français mais les médias !Bien sur,il existe des français racistes,mais islamophobie est un mot nouveau pour eux.Allez donc savoir pourquoi on veut absolument remplacer le mot xénophobie par islamophobie !!
Par Un converti - le 29 mai 2007

Mes chers frères, vous omettez dans votre analyse de parler des convertis qui sont en France de plus en plus nombreux. Et ce sont également un des vecteurs de la transmission de l’islam en France.

L En France, à peu près 30 000 citoyens français (70 000 selon d’autres estimations) se sont convertis à l’Islam . Un peu plus que la moitié d’entre eux sont des Français (en majorité des femmes) qui vivent avec un partenaire musulman.

Le rôle des convertis semble pouvoir devenir un enjeu important dans la configuration de l’islam européen, et cela à plusieurs titres. D’une part, ils sont des intermédiaires sociaux fondamentaux, car ils produisent une culture islamique européenne. D’autre part, le converti se repositionne par rapport à son environnement social et il exprime son acte en terme de choix.

Il existe deux types de conversion, la « conversion rationnelle » et la « conversion relationnelle ».

La conversion relationnelle est issue d’un ensemble de liens sociaux qui produisent ou même forcent un processus décisionnel de la pratique musulmane.

Beaucoup d’individus découvrent l’islam à l’adolescence par la lecture du Coran. Ils veulent pouvoir faire la part des choses entre les messages négatifs véhiculés sur l’Islam dans les sociétés non musulmanes et l’Islam tel qu’il est dans le texte.

La conversion par mariage concerne les hommes avant le mariage qui veulent épouser une musulmane et les femmes avant ou après le mariage avec un musulman.

La conversion rationnelle concerne les individus issus d’une autre tradition religieuse ; les ouvrages ne mentionnent pas le cas d’anciens agnostiques ou athées. Elle est une conversion individuelle qui naît d’une recherche explicite d’un système de signification et de sens, elle a une origine intellectuelle, et répond à une soif de spiritualité et de mysticisme. D’après différents récits, les convertis viennent à l’islam par la lecture du Coran, ils en font l’examen critique, formulent le désir de prendre le nom arabe choisi au moment de leur conversion comme nom d’État civil et ressentent fortement « l’islamophobie ».

Par Potatoes - le 29 mai 2007
Contrairement à notre soeur Houd, je suis heureux que cet article dénonce les frères es Frères musulmans. Les frères musulmans est une organisation islamique marquée par une vision très conservatrices de l’Islam et des ambitions politiques, rassemblant la politique et une certaine vision de l’Islam qui est incompatible avec les valeurs de la société française.
le 29 mai 2007
tutelle de prédicateurs ( Hassan Iquioussen, les frères Ramadan (Tariq/Hani) ???? Je n’ai jamais vu Hassan Iqoussen ou la famille Ramadan donner des ordres ou menacer un public. Ce sont des conférenciers très respectables, ils défendent les valeurs de l’islam et les droits des musulmans. Les dénigrer c’est comme dénigrer des savants.
Par Yassine - le 29 mai 2007

Texte intéressant, mais auquel il manque dans l’analyse, l’importance de l’émergence d’un islam véritablement libéral qui puisse à même de permettre à l’islam d’épouser une société sécularisé, et donc d’en fibnier avec les éternels préjugés qui entourent cette grande religion.

Cet islam libéral prôné par d’imminents théologiens du monde musulman, doit donc se décliner ainsi :

1 - l’affirmation inconditionnelle du droit pour chaque individu de culture musulmane de déterminer librement son mode de rattachement à cette culture, sans que rien ne puisse lui être imposé par la tradition, les coutumes, les autorités religieuses .

2 - le refus sans ambiguïté de toute violence perpétrée soi-disant au nom de l’islam, que ce soit celle du terrorisme, celle de l’intolérance qui consiste à affirmer la supériorité de l’islam sur les autres visions du monde, et toutes celles infligées aux femmes à travers les multiples formes de la domination masculine .

3 - la conviction que l’Europe –par son cadre politique laïc et son rôle dans l’édification d’une culture mondiale de la paix et du dialogue– est le lieu privilégié où l’islam peut trouver une nouvelle conscience de lui-même."

Par houd 93 - le 29 mai 2007
Je pense que cet article fait des racourcis honteux et juge les musulmans selon l’appartenance a un groupe alors que le tout puissant juge individu par individu . Dire "L’engagement des « Frères Musulmans » dans un certain nombre de gouvernements de pays, appartenant à « l’axe du bien » de George Bush" c’est faire offense a ceux de ce groupe qui lutte pour leur libertés comme en egypte en palestine et qui sont en total opposition avec la politique Bushienne !!! Deplus se battre pour le droit des femmes a porter le foulard ne veux pas dire qu’on oublie les autres problemes !! Le fait que tous les problemes des musulmans ne sois pas mediatisé ne veux pas dire que la classe dirigeante les occultes !!! Je suis enormement deçu par cette article !!!!!
Par Kouici - le 29 mai 2007
Au XIXe siècle, la Nahda ( ??????) fut une véritable renaissance arabe, et pas uniquement islamique comme certains tentent de le faire croire aujourd’hui, à la fois politique, culturelle et religieuse. Les intellectuels s’ouvrent aux doctrines occidentales, en partant faire leurs études à l’étranger par exemple. Ils entament une réflexion historico-sociologique pour faire le point sur la situation sociale et culturelle de leur société, déterminer les causes de leur retard par rapport à l’Occident, et en trouver la solution. La Nahda a été initiée notamment par les familles maronites Al-Boustani (surtout par Boutros al-Boustani, fondateur de la Al-Medrassa al-watania, l’École nationale, en 1863) et Al-Yaziji, importatrices du modèle européen de scolarisation. La période de la Nahda coïncide avec celle des Tanzimat dans l’Empire ottoman, qui participe du même souci d’adaptation à la modernité sur un modèle européen, en ce compris la promotion de la démocratie et des droits de la femme et le traitement égal des citoyens quelle que soit leur religion.
Par Voltaire - le 29 mai 2007
Texte et commentaires intéressants pour le non-musulman méfiant que je suis. Un Islam européen serait obligatoirement un Islam modernisé, revisé et adapté, car dans sa forme actuelle il est incompatible avec les valeurs occidentales - valeurs que l’Islam, à tort ou à raison, rejette. Mais moderniser l’Islam ou reviser l’Islam me semble impossible : les Musulmans qui ont essayer de le faire ont souvent y laissé leur vie ! Je lirais avec intérêt vos réactions à cette pensée d’un infidèle !
Par Khaled - le 29 mai 2007
Il est facile de dénigrer le CFCM quand on est confortablement installé dans la contestation stérile et inefficace. Le CFCM est une instance reconnue par les musulmans. Le CFCM est une instance courageuse qui a payè très chers certaines de ses positions. Le CFCM a un bilan dont nous sommes fiers. Le CFCM a prouvé son indépendance, le CFCM est incontournable. Je comprends que cela vous dérange, mais la démocratie a parlé et vous devez accepter ce vote.
Par MAHJOUB - le 29 mai 2007
J’ai apprécié votre texte rigoureux et lucide. Toutefois, les musulmans les plus politisés militent souvent pour le courant altermondialiste. Il faudrait justement trouver une alternative à la mondialistion qui soit autre chose qu’un simple lifting du gauchisme. Je suis un libéral social et croyant. Je ne me reconnais pas à gauche, mais une autre voix est possible en maintenant cependant les acquis de l’économie de marché.
Par Peaceandlove - le 29 mai 2007
Les musulmans ne demandent qu’à s’intégrer,mais les temps sont durs et les discours politiques aussi.Cette évidence devrait effectivement nous inciter à joindre nos revendications aux mouvements qui luttent pour un monde plus juste.
Par Souad - le 29 mai 2007
Les musulmans en France manquent cruellement de conscience politique. Plus de 60% d’entre eux ont voté pour Ségolène Royal selon un sondage de La Croix. Nous connaissons tous l’instrumentalisation des minorités par le PS, mais les musulmans de France n’ont pas retenu la leçon. Bref, il y a encore beaucoup à faire afin de prendre conscience de tous les enjeux. Cet article est néanmoins instructif.
Par Farouk - le 29 mai 2007

Il faut développer une véritable reflexion , voilà ce qui a manqué à la religion musulmane en France. Ce texte va dans le bon sens, et c’est une bonne initiative.

On passe notre temps à délibérer sur ce qui est hallal ou haram. Une théologie de base étage indigne de la lignée des grands penseurs de l’islam.

Par Rachid - le 29 mai 2007

Le CMF est une coquille vide comme l’UJM. La seule association de jeunes qui a été dynamique a été JMF avec le soutien de l’UOIF qui a beaucoup fait pour l’Islam en France.

Ce texte est une critique à peine voilée contre l’UOIF. Abdelaziz Chaambi comme d’habitude s’en prend à l’Islam institutionnel, car le frère Abdelaziz Chaambi est amer, très amer, il aurait souhaite que CMF soit un interlocuteur du Ministère de l’Intérieur, mais malheureusement pour CMF, ce ne fut pas le cas. Soyez constructifs mes frères et ne vous égarez pas.

Par Lamine - le 29 mai 2007

Messieurs vous affirmez ceci : "Ainsi, nous avons vu émerger en France un « Islam progressiste » et un « Islam conservateur », un « Islam populaire » et un « Islam bourgeois », un « Islam des dominés » et un « Islam des dominants ».

Pourriez-vous être plus précis ?

le 29 mai 2007
Certes il y a dans ce texte des pistes intéressantes, mais je crains fort que tout ce beau discours ne soit qu’un voeux pieux, car le rapport de force est totalement en défaveur des gens de bonne volonté.
Par Rabah - le 29 mai 2007

Il est urgent pour les musulmans qui souhaitent s’épanouir en toute indépendance de sortir de toutes les tutelles aussi bien idéologiques ( frères musulmans/ UOIF ), tutelle étrangères ( pays d’origine), tutelle tout court ( Etat français), mais aussi tutelle de prédicateurs ( Hassan Iquioussen, les frères Ramadan (Tariq/Hani).

L’islam en France doit être un islam purement hexagonal, c’est ainsi qu’il retrouvera sa grandeur.

Par Lounis - le 29 mai 2007
Je suis en accord avec cette analyse. La mentalité blédarde que l’on retrouve au sein de structure comme l’UOIF, La FNMF, Mosquée de Paris permette le dévéloppement d’un islam soumis, de petit bourgeois inféodés aux autorités. Ces structures ne sont que les relais d’in uslam réduit à sa dimension cultuel et exotique.
Par Kacss - le 29 mai 2007
Très bon texte qui cible les enjeux avec sérieux avec en filigrane une connaissance de l’histoire qui est indispensable pour mieux affronter le présent.

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