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Jeudi 11 Mars 2010
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Cobayes humains
mercredi 31 octobre 2007 - par Sonia Shah

Les essais pharmaceutiques sont indispensables pour tester les nouveaux médicaments. Or, ils posent de nombreux problèmes éthiques, économiques et sociaux, dénoncés dans cette courageuse enquête.

Mars 2006, Londres. Six personnes qui ont participé à l’essai d’un médicament anti-cancéreux tombent dans le coma. Elles avaient été rémunérées 3 300 euros pour ce test. La presse s’émeut et les questions fusent : les essais cliniques sont-ils dangereux ? Qui les pratique ? Cobayes humains ose briser le silence sur ce sujet tabou.

Des millions de personnes, saines ou malades, participent aux tests pour la mise au point de nouveaux traitements. Non sans risques. Dans les pays riches, seuls acceptent encore de s’y soumettre les plus démunis ou les malades qui en attendent un bénéfice pour leur santé. Les laboratoires pharmaceutiques ont donc délocalisé une grande partie de leurs essais.

Dans les pays d’Afrique et en Inde, ils trouvent des « cobayes » en grand nombre, à moindre coût, et bénéficient du laxisme des autorités.

Ce que dénonce John Le Carré dans "La Constance du jardinier" – non respect des conventions internationales, essais avec placebos, expérimentations menées sans consentement des patients… – est la dure réalité révélée par Sonia Shah. Elle va même plus loin en pointant ce paradoxe : la plupart des médicaments testés dans les pays du Sud le sont pour soigner des pathologies des pays du Nord, alorsqu’un pourcentage infime de la recherche médicale est consacré au traitement des maladies tropicales.

Un cadre juridique international pour les expérimentations a été défini après la découverte des crimes commis par les médecins nazis. Malgré tout, ce sont toujours les populations vulnérables qui en supportent le poids. Critique virulente d’un système de santé inégalitaire, Cobayes humains revendique l’application de la loi et son contrôle citoyen.

Extraits du livre de Sonia Shah « COBAYES HUMAINS -Le grand secret des essais pharmaceutiques », préface de John Le Carré, éditions Demopolis, octobre 2007.

POURQUOI LES ESSAIS CLINIQUES POSENT PROBLÈME

Ma vie et celles de certains de mes proches parents continuent grâce à des interventions de la médecine moderne, un art qui a avancé par à-coups, en s’appuyant sur la recherche clinique. Les médicaments qui m’ont permis de survivre lors d’une césarienne réa- lisée dans l’urgence, ceux qui aident mon fils à respirer en dépit d’un asthme allergique, ou ceux qui corrigent un déficit hormonal dont souffre ma mère, nous ont été administrés avec succès et en toute confiance.

Au préalable, ils avaient été testés sur des centaines et peut-être des milliers de sujets humains lors d’essais expérimentaux. Or, ces médicaments bienfaiteurs efficaces émergent d’une masse de médicaments ratés, qui avaient été aussi tous testés sur des individus pour lesquels ils ont pu être nocifs.

Il n’y a rien d’anormal dans le fait que la recherche médicale comporte des inconvénients. Mais nous ne voulons ni le voir ni le savoir. La notion même d’expérimentation sur des êtres humains est inquiétante. Pourtant, il semble bien que nous voulions toujours plus de médicaments pour nous aider ou nous fortifier, et nous avons besoin de toujours plus de données pour nous rassurer sur leur sécurité et leur efficacité.

La réponse à ces désirs contradictoires est la même depuis le milieu du XIXe siècle, quand les chercheurs, déterminés à disséquer des animaux, évitèrent les protestations des opposants britanniques à la vivisection en la pratiquant en secret. Aujourd’hui, c’est à grands renforts de publicité que les fabricants de médicaments avisés présentent leurs nouveaux produits, mais ils conduisent sans bruit les expériences requises pour leur élaboration.

S’il est une chose que l’histoire des essais cliniques sur les humains nous a apprise, depuis les sanglantes vivisections du premier millénaire jusqu’à l’étude de Tuskegee sur la syphilis, c’est que les plus pauvres et les moins puissants d’entre nous sont nettement plus exposés aux risques d’abus.

À ce jour, la propension de l’industrie pharmaceutique à conduire ses essais expérimentaux dans les pays pauvres en est encore à ses débuts, mais elle s’accentue à vive allure. Les grands fabricants de produits pharmaceutiques, qui mènent déjà 30 à 50% de leurs expériences à l’extérieur des États-Unis et de l’Europe occidentale, prévoient de les porter à 70% d’ici à quelques années.

Cette tendance va s’accentuer au cours des prochaines années, comme le suggèrent plusieurs facteurs : les pressions exercées sur les chercheurs par une industrie obnubilée par le profit, qui veut aller vite et parvenir à des coûts toujours plus bas ; l’attrait des Américains pour les nouveaux médicaments et, parallèlement, leur refus de participer aux essais nécessaires à leur élaboration ; le désespoir grandissant des millions de patients qui, dans les pays du Sud, ne peuvent pas accéder à des médicaments utiles.

Enfin, de nombreux dirigeants de ces pays, confrontés au délabrement des équipements médicaux, à des budgets minuscules et à l’état catastrophique du secteur de la santé, concluent de plus en plus souvent des accords avec l’industrie pour la réalisation d’essais thérapeutiques.

LES COBAYES DES PAYS PAUVRES

Les conséquences pour le système de santé dans les pays pauvres sont troublantes. Les essais cliniques sont une véritable manne pour les hôpitaux et cliniques exsangues, qui, du coup, délaissent les soins classiques. Les infirmières et médecins, qui étaient déjà submergés par le nombre de patients, ont de moins en moins de temps à leur consacrer pour les soigner car les priorités des institutions sont passées du traitement des malades aux expériences conduites sur eux pour les fabricants de produits pharmaceutiques.

Qu’il s’agisse d’une expérimentation à la va-vite ou d’une étude aux intentions louables, si le contrôle exercé par les comités d’éthique est insuffisant ou si les patients ne comprennent pas les objectifs, la méfiance s’instaure et contamine l’ensemble des projets médicaux proposés par les pays occidentaux, y compris les vaccins et les médicaments susceptibles de sauver des vies.

Entrevoyant d’énormes marchés pour leurs médicaments vedettes (hypocholestérolémiants, antidépresseurs et traitements du dysfonctionnement érectile), des géants du médicament se pressent aux frontières de l’Inde, du Brésil, de la Russie et de la Chine. La philosophie de l’industrie selon laquelle l’innovation médicale se résume à la création de « nouveaux produits » est particulièrement pernicieuse dans les régions où aucune solution plus simple n’a été tentée.

Alors que, par exemple, l’absence d’eau potable et d’aliments sains pose de graves problèmes de santé, la réponse à apporter ne réside pas dans l’élaboration de nouveaux médicaments mais exigerait des appro- ches nouvelles.

Et même dans les cas où de nouveaux produits sont effectivement nécessaires,contre la malaria ou la maladie du sommeil notamment, ceux qui apportent un bienfait aux plus pauvres ne semblent guère intéresser les fabricants, principalement préoccupés par les exigences financières de leurs actionnaires. Nous devons ouvrir le débat sur l’utilisation du corps humain à des fins expérimentales.

Si, pour certains, tester des produits pharmaceutiques est comme travailler en usine, pour beaucoup d’autres, les essais réalisés par l’industrie dans les pays pauvres offrent un choix impossible : accepter de se soumettre aux expérimentations ou mourir faute d’être soignés. Ceci est une atteinte aux droits de l’homme. Dans les rues

de Lagos et dans les auditoriums des conférences internationales sur le SIDA, les populations des pays en développement accusent les chercheurs occidentaux de les utiliser comme des cobayes.

DEUX EXEMPLES : POLIO ET SYPHILIS

En 1954, les Américains furent des millions à accepter que leurs enfants se transforment en cobayes de façon à ce que Jonas Salk puisse tester son vaccin contre la poliomyélite. Dès que les résultats des très nombreux essais furent obtenus, toutes les radios claironnèrent la nouvelle. On fit sonner les cloches des églises.

Les chauffeurs descendirent de leurs voitures pour crier de joie dans la rue. Mais, peu après, le vaccin rapidement homologué infecta 220 enfants et la confiance des Américains dans l’expérimentation clinique commença à décliner. Suivirent des révélations concernant des essais contraires à l’éthique – c’est au début des années 1970, avec l’étude Tuskegee sur la syphilis parrainée par les services de santé publique des États-Unis que l’on toucha le fond – et la désillusion se transforma en dégoût.

Aujourd’hui, bien que les Américains achètent en moyenne les produits d’une dizaine d’ordonnances par an, moins de 5% d’entre eux acceptent de prendre part aux essais cliniques.

ESSAIS COMPARATIFS AVEC PLACEBO

Robert Temple, directeur de la politique médicale au sein de la Food and Drug Administration, apporte un soutien sans faille à l’essai comparatif avec placebo, c’est-à-dire aux expériences dans le cadre desquelles on compare un médicament à une substance inerte.

La recherche clinique place souvent les chefs de projets, qui sont également médecins, entre le marteau et l’enclume. En tant que médecins, ils sont tenus d’apporter aux malades les meilleurs soins possibles ; mais en tant que chercheurs, ils doivent appliquer de façon aléatoire une méthode expérimentale qui n’est pas destinée à apaiser le patient, mais tout simplement à voir ce qui va se passer.

C’est la raison pour laquelle il n’est considéré comme éthiquement acceptable de prescrire un placebo à un patient que dans les circonstances où les chercheurs ne savent vraiment pas faire mieux. Si les chercheurs savent qu’un traitement est meilleur qu’un autre, ils sont tenus de l’administrer et doivent donc renoncer au placebo. Faute de quoi,les sujets – qui sont également leurs patients – seraient mis en danger par l’absence de traitement.

PRIVATISER

Les médecins des hôpitaux universitaires étaient les meilleurs spécialistes dont pouvaient rêver les laboratoires : au-dessus de tout soupçon en matière d’éthi- que, ils avaient les patients à portée de main, disposaient du savoir-faire indispensable pour élaborer et conduire scientifiquement des essais de qualité, et bénéficiaient d’une indépendance suffisamment reconnue pour donner du poids et de la crédibilité à leurs résultats.

À la fin des années 1990, le flux financier transféré des entreprises fabriquant des produits pharmaceutiques vers les centres médicaux universitaires s’est considérablement tari, le secteur préférant se tourner vers un nouveau type d’entrepreneurs, plus rapides et plus agressifs.

Ces derniers choisirent « contract research organizations » (CRO) comme dénomination générique. En échange d’une commission, les CRO se chargent des projets d’essais cliniques pour le compte d’un laboratoire pharmaceutique et fournissent en un temps record des patients, des chefs de projets et des résultats.

« Chez Quintiles, indique le site Web de la société, nous savons que le plus important, ce sont les résultats. C’est ce que vous voulez. Et c’est précisément ce que vous obtiendrez, dans les délais et parfois, avant même la date limite. » Certaines CRO insèrent les résultats de leurs essais dans les demandes déposées auprès de la FDA (Food and Drug Administration) et les incluent dans des articles presti- gieux rédigés pour leurs clients.

Dans un premier temps, les CRO parvinrent à leurs fins en puisant dans une masse de sujets potentiels que personne n’avait encore mis à contribution : les millions de patients traités dans des cliniques et des cabinets par des médecins locaux. Puis, ils commencèrent peu à peu à porter leurs regards au-delà des frontières des États-Unis. (…) De la même façon que les constructeurs automobiles et les industriels du vêtement avaient fui la rigueur des dispositions occidentales relatives au travail et à l’environnement, les fabricants de produits pharmaceutiques et les CRO franchirent la frontière américaine.

DÉLOCALISER

De nombreux patients de pays en voie de développement ne regimbent pas devant les inconvénients liés aux procédures expérimentales.Aux États-Unis, en revanche, les chefs de projet rejettent les protocoles qui exigent de leurs sujets qu’ils subissent des interventions douloureuses ou invasives.

Bradley Logan, chirurgien, qui conduit des essais cliniques sous contrat, se souvient avoir été contacté afin de réaliser des essais dans le cadre desquels il devait insérer dans les abdomens de femmes des dispositifs télescopiques dix fois plus larges que ceux utilisés depuis des années. « J’ai dit non. Je ne vais pas faire ce grand trou dans le ventre d’une femme si ce n’est pas nécessaire », leur répondit-il, scandalisé (…).

En 2003, Pfizer annonça sa décision de créer en Inde un centre d’essais mondial. GlaxoSmithKline et AstraZeneca lui emboîtèrent le pas, et envoyèrent des équipes afin d’établir des nouveaux bureaux et cliniques sur le sous-continent affaibli par la pauvreté. Glaxo souhaitait délocaliser 30% de sa phénoménale activité dans le domaine des essais cliniques dans des pays à « bas coûts », tels que l’Inde et la Pologne, déclarait son dirigeant en 2004, et réaliser ainsi une économie de plus 200 millions de dollars par an.

Sur leurs talons, suivit une armée de CRO : un tiers d’entre elles s’installèrent dans des pays étrangers entre 2000 et 2002. Alors que son siège social est en Caroline du Nord, Quintiles a essaimé de nouveaux bureaux et cliniques dans un grand nombre de pays, notamment au Chili,au Mexique,au Brésil,en Bulgarie, en Estonie, en Roumanie, en Croatie, en Lettonie, en Afrique du Sud, en Inde, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande. Les nouvelles équipes, comme Neeman Medical International, annonçaient « un large accès à des populations de patients qui n’ont jamais été exploi- tées » en Amérique latine et en Asie. « Skiez où il y a de la neige, conseillait l’une de leurs publicités. Menez vos essais cliniques où il y a des malades. » (…)

Sonia Shah, « COBAYES HUMAINS -Le grand secret des essais pharmaceutiques », préface de John Le Carré, éditions Demopolis, octobre 2007.

Sonia Shah

Journaliste d’investigation et essayiste, enquête sur les droits de l’homme, la médecine et la politique. Elle écrit, entre autres, pour The Washington Post, The Boston Globe, New Scientist, The Nation.Née en 1969 à New York de parents médecins d’origine indienne, elle a grandi entre les États-Unis et l’Inde et a développé une conscience aiguë des inégalités entre les pays du Nord et du Sud. Sonia Shah a mené des reportages en Inde, en Afrique du Sud, au Panama, au Cameroun et en Australie. Elle est régulièrement invitée par de grandes universités (Harvard, Columbia, MIT) à donner des conférences. Elle prépare actuellement un livre sur le paludisme

LE PRÉFACIER

John Le Carré, écrivain britannique renommé, a publié de nombreux romans d’espionnage. L’un de ses grands succès, The Constant Gardener, adapté en 2006 au cinéma, dénonce l’attitude de l’industrie pharmaceutique dans les pays en développement, et plus particulièrement au Kenya. John Le Carré a créé une fondation, The Constant Gardener Trust, qui vise à améliorer le quotidien des populations rencontrées lors du tournage du film.

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Sonia Shah

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Vos réactions et commentaires sur cet article

3 mars 2010
manolo a dit :
j’aimerais bien que l’on m’envoy un dossier ; merci
29 septembre 2008
Balkis a dit :
salam les etudiants en france (ds des situations pour la plus part précaire) sont aussi beaucoup sollicité par certains centre pharmaceutique ;genre; roche ou forenup pour jouer les cobayes en effet ca peut rapporter gros donc c’est tentant mais ca peut aussi nous coûter la vie et ca ca n’a pas de prix (que je sache).
1er novembre 2007
Mazri Omar a dit :

En lisant les interventions des souvenirs remontent. Plusieurs mois avant le fameux 5 octobre 88 d’Alger qui a débuté un an avant en montant de l’est algérien vers la capitale algérienne le ministre de la population et de la santé publique de l’époque (85 87) avait pris la sage et courageuse décision de normaliser et revoir à la baisse la nomenclature des médicaments. Ce ministre, même s’il faisait parti du système, avait eu le courage de tenter de mettre un peu d’ordre dans la facture en produits pharmaceutique qui avoisinait le millaird de dollars. L’équation était simple : introduire le générique, réduire la facture, consommer plus rationnellemnt, s’ouvrir à d’autres laboratoires autres que les monopoles et relancer l’investissement national en produisant sur place. Le dossier brûlant n’a pas eu le temps de devenir un projet opérationnel que tous les patrons de medecine ont fait fonctionner leur réseau relationnel pour faire tomber le ministre indélicat. Le pays de 1 million et demi de martyrs est corrompu jusqu’à la moelle épinière.

Aucun journaliste laïc ou islamiste, démocratique et progressiste n’a pris sa défense ni a tenté à ce jour de réouvrir le dossier avec cet esprit de justice sociale et ces qualités professionnelles (investigation, enquête sur les droits de l’homme, conscience aigue des inégalités entre le Nord et le Sud) qui caractérisent le travail de Sonia Shah. Elle s’est ataqué à un des apsects d’un empire : l’industrie pahrmaceutique qui vient après celui du pétrole et l’armement. Bravo à elle. Elle vient nous rappeler la tristesse des peuples dont l’explication est double : Le sud est un comptoire commercial pour le nord. Il est aussi une rente pour les élites en place. Sans souverainté nationale les populations sont des cobayes pour essayer le médicament, le vaccin, les théories de développement, les armes nucléaires, les théories du complot, les test ADN et de nouveau la traite des nègres.

Les peuples sans grande civilisation derrière eux peuvent trouver justification à leurs déboires mais les musulmans ne peuvent se contenter d’invoquer l’impérialisme : ils sont les propres acteurs de leur misère morale et économique malgré l’avertissement de leur Prophète (saws)

" Peu s’en faut que toutes les communautés se joignent à l’unisson et ne vous tombent dessus comme les affamés se jettent sur l’écuelle ! quelqu’un demanda : " Est-ce par notre faible nombre ce jour-là ? " Le Messager d’ALLâh répondit () : " vous serez plutôt très nombreux ce jour là, mais vous serez pareils aux débris [ordures] charriés par les rigoles [qui vont aux égouts] ; ALLâh ôtera du coeur de vos ennemis la crainte que vous leur inspiriez et il jettera dans vos cœurs al wahn (la faiblesse) ". Quelqu’un demanda : " qu’est-ce que al wahn ?" Il répondit :" L’amour de la vie d’ici-bas et l’aversion de la mort ".

1er novembre 2007
saufyen a dit :
Est-ce vraiment necéssaire que d’écrire, rappeler et à la fin banaliser, pour qu’à la fin on accepte tout ce qui se passe dans notre quotidien, on lit, on doute déjà de l’existance de la chose, mais c’est comme d’HABITUDE malheureusement, on est tous limités, on est tous sans voix malgrés nos cris, nos révoltes et tous ce que nous éprouvons, nous sommes sous la poignes de quelques PHARAONS des temps modernes, qui vivent leur pouvoirs et exercent leurs tyranies ne se souciant de personne, ils suivent leurs programmes et leurs projets./
31 octobre 2007
FB a dit :

Bonjour, Salam,

Article interessant car il dénonce l’expérimentation humaine dans les pays pauvres ou en voie de développement. On comprend à la fin de l’article les raisons pour lesquelles ces industries pharmaceutiques se concentrent sur ces pays ...

Cependant l’article ne parle pas d’un autre probleme crucial pour ces pays en voie de développement. Ces derniers servent de cobayes mais ensuite une fois les médicaments mis sur le marché ces pays n’en profite pas étant donné le cout exorbitant des médicaments. C’est le cas pour le Sida, l’Afrique présente le taux de mortalité lié à cette maladie le plus élevé au monde. Les africains ne peuvent bénéficier de ses médicaments car ils restent à un niveau de prix inaccéssible.

Le brevet des médicaments protege les industries pharmaceutiques et empeche les pays pauvres d’avoir recours à des médicaments génériques moins chers et tout aussi efficacces. Par exemple les laboratoires indiens sont capable de fabriquer des médicaments génériques mais il ne peuvent le faire à cause de ce genre de protectionisme. C’est aussi cette situation qui est injuste et qui n’a pas été soulevée par l’article de S. Shah.

Enfin au sujet de l’expérimentation,il n’y a pas que les industries pharmaceutiques qui oeuvrent dans ce secteur. On peut aussi s’inquiété des stratégies de développement de l’agrobusiness (surtout américain) avec le rôle des OGM (Organisme Génétiquement Modifié). Alors qu’un gel du mais transgénique vient d’etre annoncé en France par le ministre de l’environnement Borloo au nom du principe de précaution, aux états unis ces produits sont déjà dans l’alimentation de base des américains. En effet 50 % des produits alimentaires américains contiennent des OGM et plus de 65 % des américains (sans le savoir)en mange régulierement. (car pas d’étiquettage obligatoire des OGM au Etats unis car le Lobby agrobusiness Mosanto a pesé de tout son poids ...)

Pour revenir à l’expérimentation, les OGM n’ont pas prouvé leur innocuité en terme de santé humaine (des études scientifiques indépandantes montrent malheureusement le contraire) et en terme d’impact sur l’environnement avec un risque de reduction de la biodiversité (du à la dissémination du polen vers d’autres cultures non OGM).

Des consommateurs aux Etats Unis ou en france peuvent consommer ce genre de produit alors qu’on ne maitrise rien. En France si l’aliment contient moins de 1% d’OGM il n’est pas signalé sur l’étiquette.

C’est aussi une expérimentation des OGM sur une échelle tres large de l’humanité

Les pays en voie de développement sont de la même manière la cible des industries mais peut être avec plus de suptilité que les industries pharmaceutiques. L’agrobusiness cherche à persuader que la famine dans les pays pauvres peut être reglé par l’introduction des OGM dans l’agriculture africaine car ce continent est aussi reticent aux OGM que certains pays europpéens. On voit donc se développer une aide humanitaire alimenatire à base d’OGM pour pénétrer le continent africain.

Les pays en voie de développement ont été déjà échaudés par la volonté de l’agrobusiness à imposer un systeme de dépandance vis à vis du fournisseur à travers ce qu’on appelle le "GENE TERMINAOR" un gene qui induit la synthese d’une protéine qui stoppe la germination des plantes et donc l’agriculture est dans l’oblication d’acheter ses semis chez le fournisseur chaque année.

Il s’agit bien d’un enjeu économique sous couvert d’aide humanitaire.

31 octobre 2007
Monique a dit :
Ce dossier nous concerne tous et nous ne pouvons rester indifférents. Nous devons prendre conscience de ces pratiques et être solidaires avec ceux qui les subissent. Je suis profondément choqué. Que pouvons-nous faire ?
31 octobre 2007
Christophe a dit :
Ces essais pharmaceutiques sont un scandale sans nom. Cela prouve que l’homme n’ a plus aucuen valeur, on peut tout essayer sur lui, même des médicamenst dangereux. Ces "hommes cobayes" sont issus de pays pauvres, toujours les plsu pauvres qui subissent la loi du marché et du fric à tout va.
31 octobre 2007
FOLSCHVILLER a dit :

Bonjour/salam/shaloem,

Merci à Sonia Shah.

On peut déplorer que.. les B.H.L, Finkelkrauth, Kouchner, Glüksmann, les PPDA.. et d’autres premères figures françaises ne nous parlent jamais de ce type de combat à mener n’est-ce pas !!!..ah cet intêret ethnocentristes...

L’industrie pharmaceutique fait parti tout simplement de l’AXE du BIEN...

S’il est une chose que l’histoire des essais cliniques sur les humains nous a apprise, depuis les sanglantes vivisections du premier millénaire jusqu’à l’étude de Tuskegee sur la syphilis, c’est que les plus pauvres et les moins puissants d’entre nous sont nettement plus exposés aux risques d’abus.

Ce qui est bien dans cet exposé, dans cette étude...c’est que les chiffres (qui doivent être astronomiques) concernant cette forme de nouvel esclavage des temps modernes...n’existent pas trop !!...il n’y aura sans doute pas de querelles de chapelles .. de synaguogues... de mosquées

31 octobre 2007
ahmad a dit :

Salam

On aurait aimé aussi des articles sur la franchise des médicaments et des transports ambulanciers en france .

Salam

31 octobre 2007
Omar Mazri a dit :

Ce niveau de qualité du travail intellectuel nous fait oublier BHL. Il vient à propos pour dénoncer une situation d’exploitation moralement inacceptable et d’abus de faiblesse des populations (juridiquement interdit). Cette description alarmante est à joindre aux scandales des déchets radio actifs jetés en Somalie ( voire même en, Tunisie ?), à la vente de blé transgénique ou contaminé par les fuites radio actives. La liste est longue : traffic d’organes, humanitaire au service des armées d’occupation. droit d’ingérence et action préventive... Le comble c’est cette affaire d’enfants soudanais qui est une véritable traite des noirs et que la France officielle veut présenter comme une atteinte aux lois sur l’emmigration. Il m’arrive souvent de penser sérieusement que le silence des rues des pays arabes ou du Sud est sans doute du à l’innoculation dans les aliments (importées des pays du Nord) de quelques virus anesthésiant les consciences. Un bon scénario de film : "plus rien ne nous emeut"

J’aimerais souligner quelques mots dans ce qui a été écrit et qui méritent d’être médités non seulement par les élites arabes et musulmanes mais aussi françaises en quête de modèle. Sonia Shah est journaliste d’investigation... elle enquête sur les droits de l’homme... et a développé une conscience aiguë des inégalités entre les pays du Nord et du Sud. Trois qualités qui ont déserté la presse parlée et écrite. John Le Carré, écrivain renommé... dénonce l’attitude de l’industrie pharmaceutique dans les pays en développement... a créé une fondation qui vise à améliorer le quotidien des populations rencontrées. Les mêmes qualités de don et d’implication. Qualités requises pour tout militantisme, mises en oeuvres de l’Ihsane (bienfaisance), d’humanisme : La promesse de Dieu est infaillible pour le musulman et le non musulman : "Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes oeuvres qu’Il leur donnerait héritage sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité."

L’imam al Hussein a laissé cette règle " si vous êtes de mauvais croyants soyez au moins des hommes libres, si vous de mauvais croyants soyez au moins des gens de bien. Que font nos journalistes de leurs écrits et que font nos riches de leur argent ? Que font les élites pour défendre leurs peuples ? Que faisons nous de notre temps ? Ou est notre conscience, ou se trouve notre responsabilité ? Je me sens penaud.

Cet article remet à l’ordre du jour la signification de l’indifférence des gouvernements, de l’ordre des medecins, de l’OMS sur les test ADN collés aux candidats à l’emmigration. Rien n’empêche du fait de ce silence honteux de voir modifier la loi en test clinique pour les laboratoires. Les testés devront se montrer reconnaissants que la science du Nord s’interesse à eux comme la colonisation s’est intéressé à leurs ancêtres pour les civiliser dans leur lointaines contrées du Sud sans solliciter leur avis.

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